vers le sud  Dany Laferrière est un auteur que j’apprécie beaucoup et que je vous avais déjà fait découvrir avec L’énigme du retour. Poursuivons notre découverte, avec un autre de ses ouvrages, un peu plus connu cette fois et adapté au cinéma par Laurent Cantet en 2005.

Une fois encore, l’auteur nous présente Haïti, mais sous un aspect différent. Celui de l’attirance sexuelle, des jeunes du pays mais aussi des femmes plus mûres expatriées. Deux mondes qui se rencontrent, s’attirent et s’utilisent, dans une Haïti toujours plus mystérieuse et attirante. Plusieurs chapitres nous racontent plusieurs histoires qui s’entrecroisent. Le vaudou, le sexe, la passion, l’ennui, la chaleur, la beauté des paysages, l’étouffante capitale…

Si l’ouvrage m’a déçu au niveau de l’écriture, par rapport à ce que j’avais déjà lu de l’auteur, le livre mérite le détour pour ce qu’il raconte et pour la description d’Haïti, un pays que j’aimerais tellement découvrir. Et vous, connaissez-vous le pays ou sa littérature?

Extraits :

« Voici Kenscoff. Dans les hauteurs de Pétionville. On est loin de la chaudière de Port-au-Prince. Ici l’air est plus pur. La Suisse sans la neige. Je me sens complètement ailleurs. Dans un autre monde. C’est un monde que l’on ne conquiert ni par le travail ni par les études. Ni même par l’argent. Ceux qui ont pu s’établir ici font barrage aux nouveaux. Leur unique ennemi, c’est la surpopulation. Et la montagne, le refuge ultime. »

« La musique et la peinture ont également étonné Christina à son arrivée à Port-au-Prince. C’est tellement différent de la vie misérable que les gens mènent ici. Ils ont faim, mais ils n’arrêtent pas de créer cette musique joyeuse et cette peinture colorée, vivante. Alors que nous les américains, qui avons tout. Nous passons notre temps à geindre. La sinistrose. L’Haïtien est absolument à l’opposé, pense-t-elle, du Juif new-yorkais. Le Juif selon Woody Allen et Philip Roth. L’Amérique d’aujourd’hui ressemble à un fast-food du désespoir. Ca n’arrête pas de fournir jour et nuit le même sinistre hamburger. On ne vit pas seulement de hamburgers, dit la Bible. L’un (Woody Allen) sort un film chaque année. L’autre (Philip Roth), un livre. Notre ration annuelle d’amertume. Amère America. Les pauvres crèvent. Les riches sont désespérés. Mais, ici on est tellement loin de Manhattan. »

Éditions Grasset, 2006, 251 p.

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