Faire du Wwoofing en Irlande

Meli à DublinAujourd’hui nous accueillons Meli du blog Le bazar de la littérature, qui vient témoigner ici de son expérience Wwoofing.

Bonjour Meli ! Bienvenue sur Voyages et Vagabondages ! Peux-tu te présenter, ainsi que ton blog et tes passions ?

Alors depuis plus de dix ans maintenant, je suis « connue » sur la toile sous le pseudo Meli, pseudo qui me suit même dans la vie puisque la plupart de mes ami(e)s me prénomme également ainsi. Je viens de fêter la Sainte Catherine la tête bien haute (comme toi il me semble ! ^^) et je vais essayer, cette année encore, de m’impliquer corps et âme dans mon blog-journal de lectures : Bazar de la Littérature. Ce petit bébé virtuel fêtera ses 7 ans en juin 2013 et continue de m’apporter chaque jour davantage. Et j’espère qu’il apporte également beaucoup à ceux qui le visitent, lecteurs habituels ou occasionnels. Je pense que je peux avancer, sans grande surprise, que deux de mes passions sont la lecture et le blogging. J’ajouterai que je ne peux pas me passer de musique (j’en écoute quotidiennement, dès que je le peux) et que très récemment, et notamment grâce à cette expérience Wwoofing, je me suis lancée dans la danse irlandaise qui m’apporte beaucoup de joie.

Le Wwoofing, c’est quoi exactement ?

Alors le Wwoofing, c’est avant tout la découverte et l’échange. Le wwoofeur passe un séjour (plus ou moins long) chez son hôte. En échange du gîte et du couvert, il s’engage à prêter main forte à celui qui l’accueille (il s’agit généralement de fermes mais j’ai également vu des annonces de maisons d’hôte). Le concept existe dans la plupart des pays du globe et séduit de plus en plus de monde.

Comment en es-tu venue à découvrir ce concept et à vouloir y prendre part ?

Depuis des années, je répète à qui veut l’entendre que je veux partir à l’étranger et vivre l’expérience de la découverte d’un autre pays, d’une autre culture. Mais depuis des années, je repoussais le projet, trop angoissée à l’idée de ne pas avoir de repères dans un endroit que je ne connaissais pas. J’avais envie de relever le challenge mais beaucoup d’éléments – outre le fait que je suis casanière – m’empêchaient de réaliser ce projet… l’aspect financier notamment. Et puis un jour, en discutant avec un ancien collègue, celui-ci m’apprend qu’il existe un concept un peu « hippie » qui pourrait peut-être me permettre de partir à moindre frais. C’était le déclic dont j’avais besoin pour me lancer, même s’il a fallu encore quelques mois après cette découverte pour que je franchisse vraiment le cap de l’inscription sur le site, la prise de contact avec les hôtes…

Tu es donc partie pour la première fois cet été dans le cadre du Wwoofing en Irlande. Pourquoi l’Irlande ?

L’Irlande, c’est mon grand rêve depuis que je suis adolescente. Je porte un prénom irlandais (Maureen) choisi par mon

Un petit coin de paradis en Irlande

Un petit coin de paradis en Irlande

père qui a toujours aimé le pays (et qui, pour la petite anecdote, aurait trouvé des ancêtres irlandais dans notre arbre généalogique) et j’ai toujours été attirée par cette île pleine de légendes, de folklores, où le vert est la couleur principale et où la musique est festive. Bref, quand j’ai décidé que je wwooferais, l’Irlande, c’était une évidence. Et par chance, le wwoofing est très répandu dans le pays et séduit beaucoup d’hôtes.

A-t-il été difficile de trouver ta mission ? Comment s’est passé le processus ?

Pour woofer, il faut s’inscrire sur un site répertorié sur celui-ci : http://www.wwoof.org/. Chaque pays possède un site différent et donc des conditions d’inscription différentes. Sur le site du Wwoofing en Irlande, le montant de l’adhésion (pour un an) s’élève à 20€ par personne, 25€ si vous partez à deux. Une fois le paiement effectué, le woofeur peut accéder à toutes les informations concernant chaque hôte. Ceux-ci remplissent des fiches plus ou moins détaillées et le woofeur doit également s’y coller (une sorte de petit CV). On peut alors sélectionner des hôtes en « favoris », pour les garder de côté. Le tri est assez fastidieux car le choix est important (actuellement 418 hôtes en Irlande). Mais attention, beaucoup ne sont plus actifs sur le site (on le remarque à la date à laquelle les fiches ont été mises à jour pour la dernière fois). Une fois le petit tri effectué, il faut envoyer des mails (ou appeler directement si vous le souhaitez, certains hôtes donnent leurs coordonnées téléphoniques) pour proposer ses services et s’armer de patience. Le wwoofing ayant du succès en Irlande, les familles sont prises d’assaut et ce n’est pas toujours facile de dénicher la perle rare. Nous pensions que nous aurions largement le choix en nous y prenant en mai (pour notre départ les deux dernières semaines d’août), mais la plupart des hôtes nous plaisant affichaient déjà complets. N’hésitez donc pas à préparer votre wwoofing assez à l’avance… ou alors, partez à l’aventure, contactez une famille au dernier moment, peut-être aurez-vous de la chance ?

Quel travail t’a été confié durant ta mission ? Comment s’organisait ta vie quotidienne sur place (temps de travail, temps libre, etc.) ?

Pour cette première expérience, je ne voulais pas partir seule, j’ai donc embarqué une amie avec moi. Sur place, nous avons découvert une troisième wwoofeuse… française ! Nous sommes tombées dans une famille chaleureuse avec deux petites filles (8 ans et demi et 6 ans et demi). La troisième wwoofeuse étant déjà installée sur place depuis 15 jours, c’est elle qui nous a expliqué ce que nous aurions à faire pendant les journées mais de façon générale, nous n’étions jamais fliquées et n’avions pas du tout la pression.

Travail au quotidien

Travail au quotidien

La journée commençait généralement à 9h et notre premier travail consistait à sortir les animaux de la ferme (poules, poulets, poussins, canards, lapin, bouc, chevaux…), à leur donner à manger et à boire et à nettoyer leurs « nids » si besoin. Une fois cela fait, nos missions ont été assez variés, selon le temps (et tout le monde sait qu’en Irlande, la pluie est souvent de la partie).

Aux alentours de midi, nous prenions une pause « tea time » et il fallait patienter jusqu’aux alentours de 14/15h pour pouvoir ajouter des toasts beurrés au fromage à notre énième thé de la journée. Je dois avouer que les horaires des « repas » et la teneur de ceux-ci ont été assez difficiles à accepter, pour la gourmande/gourmette que je suis. Mais finalement, ce rythme m’a tellement convenu que je l’ai adopté une fois rentrée en France ! Le soir, nous cessions les activités entre 17h30 et 18h. En gros, je pense que nous étions en mouvement 7h par jour et ce, 6 jours par semaine. C’est assez élevé comparé à d’autres hôtes (5h par jour, 5 jours par semaine) mais notre rythme était détendu et nous bavardions beaucoup entre nous.

Notre principal travail a été de creuser des petites allées qui menaient au potager et aux enclos des animaux afin d’y installer, ensuite, du plastique et des graviers. La pelle et les mottes de terre, ça nous connait ! Pour varier un peu, nous avons également repeint des barrières et, lorsque la pluie était vraiment trop persistante et insistante, repeint un couloir et une salle de bain. Nous avons également passé beaucoup de temps avec les deux petites, soit dans la campagne alentour à ramasser des « blackberries » pour ensuite en faire des confitures ou dans les enclos des chevaux pour les monter ou tout simplement les déplacer d’un endroit à l’autre.

Notre temps libre commençait aux alentours de 18h mais, après avoir creusé/peint toute la journée, nous étions bien contentes de trouver le chemin de la douche… et du canapé ! Nous avons parfois fait quelques balades dans les environs, mais en règle générale, nous sommes restées aux alentours de la maison. Nous avons eu un « day-off », un dimanche et en avons profité pour prendre un bus qui relie les villes de Dublin et Galway, pour aller visiter cette dernière. Pour tout avouer, nous avons profité de cette journée (enfin, du repas de midi) pour aller nous empiffrer de hamburgers et de frites dans une enseigne irlandaise ! Ce qui m’aura le plus manqué pendant ce séjour (assez court, seulement 15 ou 16 jours) : une bonne assiette de pâtes !

Sur le chemin des fées

Sur le chemin des fées

Est-ce un bon moyen d’être en contact avec les locaux ?

Oui, c’est le moyen idéal. Pendant toute la durée du séjour, on a vécu dans la famille, avec la famille, au rythme de la famille. On partageait les repas, les soirées et les activités. Il me semble que certains hôtes proposent des petits chalets exprès pour les wwoofeurs (c’était au départ ce que j’aurais préféré, solitaire et casanière que je suis) mais finalement, je pense que la vie dans la maison (nous avions une chambre pour nous trois et notre salle de bain), avec le reste de la famille, est le meilleur choix ! Les irlandais sont très chaleureux (même s’ils ne le montrent pas trop… ils nous ont expliqué que les embrassades n’étaient pas vraiment dans la culture irlandaise), les voisins sont donc souvent dans le coin. On a donc pu faire connaissance avec leurs amis et d’autres membres de leur famille et également avec un couple de voisins qui… accueillait une wwoofeuse française en même temps que nous (quand je dis que le wwoofing marche du tonnerre en Irlande, surtout pour les français !) !

Quel a été le moment le plus mémorable, le plus marquant de ton expérience ?

L’arrivée à Dublin, en descendant de l’avion : nous partions de Lyon avec un soleil radieux, nous sommes arrivées sous une pluie torrentielle (il pleut en Irlande, et ce n’est pas un mythe) ; l’arrivée dans la famille et la découverte des deux petites filles qui nous ont fait visiter leur maison et la campagne alentour (c’est là que nous avons découvert que les fées étaient omniprésentes en Irlande, tous les coins sont prétexte à l’appellation « fairy » : « fairy hill », « fairy lake »…) ou encore la balade en cheval (la première de ma vie) sous une pluie torrentielle (encore)…

Des points négatifs à ton expérience ?

Pas vraiment de points négatifs… Je ne retire que du positif de cette expérience. Mais je ne peux que conseiller de bien choisir la personne avec qui vous partez, si vous partez en duo. Parce que c’est du 24/24 et que c’est important de pouvoir se reposer sur l’autre en cas de petite baisse de moral.

Alors, le Wwoofing, une expérience à refaire ?

Oh que oui ! Je repars cet été ! Encore en Irlande, mais dans un autre coin j’espère. Sinon, si je ne trouve pas… peut-être dans la même famille (nous avons gardé contact grâce à Facebook) ! Et une prochaine fois, je tenterai l’Écosse qui m’attire beaucoup également !

Et l’Irlande ? As-tu pu explorer le pays ? Qu’en as-tu pensé ?

C’est peut-être ce que j’ai le plus regretté du séjour : le manque de temps pour visiter. Nous étions en pleine campagne et le soir, à part quelques balades, nous n’avons pas eu l’occasion de voir grand chose (même si la campagne irlandaise est belle). La prochaine fois, je choisirai peut-être une famille plus proche d’une petite ville, ou alors qui propose des horaires de travail plus « allégés » pour pouvoir partir en vadrouille plus souvent et plus facilement.

Nous avons donc seulement vu Dublin (les deux premiers jours de notre séjour, en auberge de jeunesse), Galway (lors de notre day-off), la petite ville de Ballinasloe (la famille habitait à une vingtaine de minutes en voiture de celle-ci) et les paysages lors des trajets en train et en bus pour se déplacer d’un endroit à l’autre. Je savais que le pays me plairait, mais j’ai été surprise de tomber amoureuse de Dublin. Je pensais tomber sur une capitale, certes assez petite mais quand même encombrée et polluée et en fait… je m’y suis sentie chez moi. La ville en elle-même, les gens, la musique, Temple Bar, les square… Si je dois un jour déménager pour l’étranger, c’est Dublin, c’est évident !

Des conseils pour ceux qui voudraient se lancer dans l’expérience, mais ne savent pas trop par où commencer ?

Avant toute chose, il faut choisir son pays d’adoption le temps du séjour et décider si vous partez en solo ou en duo. Une fois cela fait, je conseille de faire plusieurs fois le tour du site de Wwoofing consacré à ce pays pour voir ce qui est proposé (sans payer l’inscription, quelques fiches d’hôtes sont disponibles en partie). Si vous êtes vraiment sûrs de vous, il vous suffit de régler les frais et formalités d’inscription. Ensuite, et c’est ce qui prend le plus de temps et qui, à mon sens est le plus important : décortiquer les annonces et faire un gros tri ! Prenez votre temps, pesez le pour et le contre (je serai en pleine campagne mais j’aurai accès à un moyen de transport et du temps pour visiter ou je serai près d’une ville mais devrai travailler davantage… je m’occuperai d’animaux ou je reconstruirai une ancienne ferme… à vous de voir ce que vous souhaitez faire pendant ce séjour). Tout est bien expliqué et le processus est assez rassurant (la trouillarde casanière que je suis, avait besoin d’être rassurée). N’hésitez pas à beaucoup échanger avec les hôtes qui vous répondront, demandez des photos, des précisions si vous avez un doute… et n’ayez pas peur d’une petite dose d’inconnu, ça fait partie des (belles) surprises !

Meli bosse dur!

Meli bosse dur!

Un dernier mot ?

N’oubliez pas l’adaptateur pour les prises… on n’y pense pas assez ! :p

J’ai pris d’énormes coups de soleil en Irlande… alors un conseil : n’oubliez pas la crème solaire parce que malgré les températures clémentes (une vingtaine de degrés) et le ciel généralement voilé, le soleil est fourbe et attaque fort !

Si vous avez des questions précises, n’hésitez pas à me contacter, j’essayerai de répondre à toutes vos interrogations (si j’ai les réponses).

Et merci à toi, Voyages et vagabondages, pour ces petites questions qui m’ont permis de revivre, pendant quelques minutes, cette belle expérience !

Et vous, comme Meli avez-vous testé le Wwoofing? Cela vous tente?

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Découvrez mon expérience de Workaway similaire à travailler dans une ferme au Japon.


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