Voyager en Antarctique: frissons garantisToutes les bonnes choses ont une fin. Malheureusement, le dernier jour de notre croisière en Antarctique arriva plus vite que prévu. Nous nous étions tellement bien amusés avec les manchots, les baleines, les phoques et cie, que nous en avions oublié la réalité. Le 26 décembre, notre dernier jour sur le continent blanc sonnait le glas d’une aventure hors du commun. Il fallait donc profiter au maximum des derniers instants.

Chenal Lemaire

Ce matin-là, nous fûmes réveillés aux aurores. Nous allions traverser le très photogénique Chena; Lemaire et le capitaine ne voulait pas que nous manquions cela. Le temps était rayonnant ce matin-là, mais certains, très fatigués, rechignaient à se lever. Pour ma part, épuisée, je ne voulais pas manqué le spectacle. Parmi les premiers sur le pont, j’admirais la vue en profitant du soleil, un chocolat chaud à la main. L’entrée du chenal était très belle, de même que les environs, mais malheureusement il était complètement gelé et nous ne pourrions pas passer au travers en raison des icebergs! Dommage, nous ratons le Chenal Lemaire et la colonie de manchots Adélie de l’autre côté. Quelle déception!

Lucie devant le Chenal LemaireChenal Lemaire Chenal Lemaire

Mais bien sûr, l’équipe a prévu un plan de secours et nous débarquons à Demoy Point/Dorian Bay, un lieu entouré de montagnes spectaculaires, dont le Mont France qui culmine à 2800m. Il faut savoir que le plus haut mont d’Antarctique culmine à environ 5000m d’altitude. Sur le chemin en zodiac qui nous mène à notre point de débarquement, nous croisons deux manchots Adélie, une sorte de manchots adorable que nous n’avions pas encore eu l’occasion de rencontrer. Youpi!

Manchots Adélie Manchots Adélie

Comme à mon d’habitude, je suis une des premières à débarquer à terre, ce qui me permet cette fois-ci de profiter d’une randonnée en raquettes. L’équipage a mis à disposition une vingtaine de paires de raquettes. Elles permettent de marcher plus facilement dans la neige très profonde et surtout de faire un peu de hors-piste et d’accéder à des points interdits normalement à pied. Les montées sont dures, mais la marche dans la neige est facilitée et la vue sur la baie et ses incroyables reflets est très belle. Nous commençons à avoir chaud!

Randonnée en raquettes Dorian Bay Dorian Bay Dorian Bay Randonnée en raquettes Randonnée en raquettesPuis, nous prenons part à notre dernière croisière en zodiac pour admirer la baie, les falaises de glace, les icebergs, etc. Une dernière sortie en mer qui ne sera pas décevante, puisque nous croisons enfin un lépoard de mer. Cet animal est un des plus dangereux prédateurs en Antarctique, qui se régalent de manchots. Se reposant tranquillement sur un iceberg, le léopard se prêta à nos photographies, en baillant et en ouvrant de temps en temps la bouche, comme pour se vanter de sa belle dentition. Après cette belle rencontre, nous retournons à bord du navire. Je suis triste de penser qu’il s’agit de ma dernière balade en zodiac de ce voyage. Malgré le froid, il y a quelque chose de grisant à défiler à toute allure entre les icebergs à la recherche de la faune locale. On se sentirait presque comme des aventuriers des temps modernes.

Dorian Bay Léopard de mer Léopard de mer

L’après-midi, nous débarquons à Port Lockroy, une base britannique, transformée en station de conservation historique et de tourisme. Quatre femmes vivent l’été sur la base et accueillent des milliers de touristes. Il y a foule quand nous débarquons: les quatre femmes nous accueillent à bras ouverts, deux journalistes du National Geographic tournent une vidéo, et un voilier avec une famille à bord est accosté au petit port; il y a aussi de nombreux manchots tout près des baraquements. La base comprend désormais un musée très intéressant. Il s’agit en fait d’une reconstitution de la base à son époque scientifique: chambres, cuisines, salle de radio, etc. Il y a également une boutique souvenirs et une poste britannique, où vous pouvez poster des cartes postales à destination du monde entier pour seulement $1. Mes cartes ont mis environ un mois pour arriver. Après la visite des lieux, un autre rapide trajet en zodiac nous emmena juste en face, pour aller à la rencontre d’une colonie de manchots et d’une colonie de cormorans. Il y avait également des fragments d’os de baleines et quelques phoques qui se reposaient sur la glace.

Port Lockroy

Avec Barbara, mon amie hongroise, nous profitons à fond de nos derniers instants en Antarctique. C’est la dernière fois que nous mettons le pied ici (probablement dans toute notre vie) et nous savourons chaque instant. Nous profitons du soleil, assises dans la neige, observons les manchots et faisons en sorte de repartir à la dernière minute. Barbara mettra même ses talents artistiques à contribution pour faire un manchot de neige!

Barbara et son manchot Derniers instants en Antarctique avec Barbara et Idan

Derniers instants sur le continent blanc avec Barbara et Idan

Derniers instants sur le continent blanc avec Barbara et Idan

Des manchots Adélie sont là également et nous égayent en traversant un banc de glace sur le ventre à toute allure. Une chose est sûre l’Antarctique n’aura pas fini de nous surprendre! Il est malheureusement l’heure de remonter sur le bateau et c’est la boule au ventre que je fais mes adieux au septième continent.

Manchot Port Lockroy

Une fois à bord, l’on nous annonce que l’aventure n’est pas terminée. C’est l’heure du plongeon polaire. Je n’étais même pas au courant que cela se faisait, jusqu’à ce qu’un des passagers m’ait demandé quelques jours auparavant si j’allais le faire. Je n’ai pas froid aux yeux et je suis prête à tout tester et je m’étais donc engagée à le faire. Nous voici donc tous en maillots de bain et peignoirs, aux portes de sortie du bateau. Certains hésitent encore; des passagers curieux, mais non courageux sont venus nous rendre visite et prendre des photos. Il s’avérera que plus de 40% des passagers feront le grand saut, un record pour la compagnie. Je suis deuxième dans la file. La porte s’ouvre pour me laisser passer. Je laisse tomber le peignoir. Il fait un froid glacial dehors et je grelotte. Je descends doucement les marches qui mènent à l’eau. On m’attache une corde, pour pouvoir me remonter en cas de problème. Et ni une, ni deux, je saute à l’eau!

Prêts pour le grand saut!

Prêts pour le grand saut!

L’eau est à 0.5 °C et des icebergs flottent autour de moi. Le froid de l’eau est saisissant, comme si des milliers d’aiguilles étaient soudainement entrées dans mon corps. Le souffle coupé, je ressors encore plus grelottante et cours à ma cabine. La bonne blague est que Jesse, le premier dans la file, s’est trompé de peignoir et a ma clé. Heureusement que le personnel de ménage est là et m’ouvre rapidement. Une bonne douche chaude plus tard et je suis sur le pont pour regarder les autres téméraires. J’ai le sourire aux lèvres et je suis prête à replonger. Je me suis réchauffée très facilement et ce petit bain était vivifiant. C’est surtout une belle métaphore de mon voyage et de la vie. Sautez à pied joint, saisissez toutes les opportunités qui s’offrent à vous et n’hésitez pas; vous pourriez être agréablement surpris…

Plongeon polaire Plongeon polaireEt vous, auriez-vous sauté?

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