Une nomade déracinée

La semaine dernière, je me promenais en Bretagne, entre mer, forêt et menhirs. La Bretagne fait partie de moi, puisque j’y ai étudié pendant trois ans et que c’est là-bas que je suis devenue adulte et que j’ai commencé à construire ma vision du monde. Je n’y étais pas retournée depuis plus de huit ans.

Entre déracinement et inspiration, une nomade en burnout retrouve l'envie de voyager

En regardant les menhirs de Monteneuf, de haut en bas, je me sentais toute petite. Je me sentais déracinée aussi. Ils font plusieurs mètres de haut, mais il ne leur faut que quelques centimètres enfoncés dans la terre pour tenir debout pendant des milliers d’années. Et moi, pendant ce temps-là, à l’inverse d’un arbre ou d’un mégalithe, je n’ai pas de racines. Pourtant, je tiens debout, à peu près.

Depuis que je suis toute petite, ma famille a déménagé. C’est le lot des familles de postier et cela ne m’a jamais dérangé. Je suis nomade, ma famille est nomade en quelque sorte et mes ancêtres ne devaient sans doute pas tenir en place non plus. Mes parents ont déménagé, mon père continue d’aller et venir, ma sœur déménage, ma tante aussi et pour la première fois depuis que je suis née, ma mamie, à plus de 80 ans, déménage aussi. Je n’ai jamais eu de maison familiale, d’endroit familier où revenir après un long voyage et la maison de mamie et son village était un peu une de mes seules constantes. Et cette année elle part et cela me fait bizarre. En regardant les Pyrénées depuis sa fenêtre, je me suis sentie nostalgique, mais aussi revigorée, inspirée et prête à vivre chaque jour plus intensément. J’espère qu’elle aussi elle voit un peu de cela en regardant au loin, les sommets blancs des montagnes qui l’ont accompagnée tous les jours depuis des années. De la nostalgie et de l’inspiration.

Entre déracinement et inspiration, une nomade en burnout retrouve l'envie de voyager

C’est parfois difficile d’être ainsi déracinée, de ne pas avoir d’appartenance forte, de ne pas vraiment savoir définir son identité, ni par rapport à une maison, ni par rapport à des objets, ni par rapport à un pays. Je ne suis de nulle part. Mais mon identité réside dans mes expériences et dans les gens qui passent dans ma vie. Mes racines sont ma famille, mes amis, ces voyageurs de passage, ceux qui m’inspirent tous les jours. Je n’ai pas vraiment de lieu où revenir, mais j’ai des gens à retrouver, où qu’ils soient dans le monde. Et si demain, une certaine femme est élue présidente et que ma famille émigre hors de France, c’est là-bas que j’irai les retrouver.

Après le burnout de voyage, l’inspiration

Mes racines, je les trouve aussi dans tous ceux qui m’inspirent chaque jour. Et parmi eux, il y a les blogueurs de voyage. Cette drôle et grande famille dysfonctionnelle, ces cousins éloignés que je ne vois presque jamais ou une fois l’année. On ne se connait pas vraiment, on se connaît par cœur, on ne s’est jamais vu mais l’on parle en ligne tous les jours. On a des problèmes parfois, on se chamaille, on se déteste, on s’adore, on est les meilleurs amis du monde. Alors que je frôlais le burnout de voyage il y a un mois, ils m’aident tous les jours et me soutiennent.

J’ai beaucoup réfléchi ces dernières semaines, vous vous en doutez bien. Et c’est chez les blogueurs de voyage, chez les voyageurs, chez ces gens qui m’inspirent chaque jour et que je connais ou non que j’ai retrouvé une force, une envie d’avancer, de me surpasser, une envie d’écrire et de me lancer dans de nouveaux projets de voyage et de travail. C’est en marchant tous les jours, en réfléchissant à ce que j’aimais vraiment faire et en écoutant Allô La Planète que j’ai su vers quoi je voulais aller. C’est en parlant au téléphone et par emails à ces blogueurs et ces voyageurs, que j’ai retrouvé le sourire et l’inspiration. J’ai même eu le déclic pour un livre grâce à l’un d’entre eux. C’est en allant au Salon des Blogueurs de voyage, comme chaque année, que j’ai eu toutes ces nouvelles envies de voyage, que j’ai retrouvé mon envie de croquer le monde. Le dernier soir de ce salon, nous étions plus d’une cinquantaine de blogueurs à papoter et manger gaiement au restaurant Les Voyageurs à Saint-Malo. J’ai regardé ces tablées, j’ai regardé tous ces gens, j’y ai vu leurs projets, leur passion, leurs sourires, leurs ambitions, leur inspiration et j’ai souri aussi. J’appartiens à cette grande famille, je m’y sens merveilleusement bien et j’ai retrouvé l’inspiration et une de mes petites racines.

Entre déracinement et inspiration, une nomade en burnout retrouve l'envie de voyager

Merci à Michel Dvorak de Du Monde au Tournant pour la photo

Alors merci à eux. Merci à Audrey qui m’a fait pleuré avec son clip La Demoiselle chez Tryo. Merci à Marie-Julie, ma plus grande source d’inspiration au quotidien. Merci à Aurélie pour sa bonne humeur. Merci à Chris pour son soutien indéfectible. Merci à Corinne pour sa présence rassurante. Merci à Sarah qui m’a supporté dans les moments difficiles au Japon. Merci à Michael pour le déclic de l’écriture. Merci à Nastasya pour me faire mourir de rire et me montrer une petite lumière au bout du tunnel. Merci à Amandine, François, Michel, Rémy, Jérôme, Marelune, Magali, Astrid, Claire, Jennifer, Laurène, Solène, Christelle, Florence, Xavier, Philippe, Richard, Franck, Rattana, Eric, Céline, Lucie, Claire, Jessica, Sophie, Carole, Emma, Nico, Fabienne, Isabella, Benoît, Aurélie et tous ceux que j’ai oublié de citer. Merci.

Je reprends la route et le sac à dos la semaine prochaine. Déracinée toujours, avec des racines de-ci de-là, beaucoup d’amour dans le cœur et beaucoup d’inspiration. Je ne sais pas encore trop où je vais, ni de quoi seront fait les mois à venir, je sais que rien n’est vraiment réglé, mais je suis motivée, inspirée et heureuse. Et c’est le plus important.


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Entre déracinement et inspiration - réflexions nomades après un burnout de voyage

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