Sur les routes de la Patagonie en autostop

Sur les routes de la Patagonie en autostop

Javier me demande si je veux regarder un film sur la télé de son camion. « Non, merci, je lui réponds, mon film est juste là-derrière le pare-brise ». Il me regarde d’un drôle d’air et se détourne, comme l’air de dire: « Ces touristes, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre! » Je souris simplement.

Sur les routes de la Patagonie en autostop

Sur les routes de la Patagonie en autostop

Depuis un mois, je parcours la Patagonie en auto-stop avec mon amie Sarah. Elle ne parle pas vraiment espagnol, alors je me retrouve toujours à l’avant du véhicule à papoter avec nos anges-gardiens et à regarder les paysages qui s’étendent à l’infini.

Sur les routes de la Patagonie en autostop

Sur les routes de la Patagonie en autostop

Il n’y a pas de meilleurs moyens que de connaître et vivre la Patagonie en auto-stop. Je ne peux pas m’endormir, je dois tenir la conversation et un minimum de sécurité. Sarah dort derrière. La cumbia bat sont plein et le chauffeur se concentre. L’occasion pour moi de regarder le paysage. Je regarde chaque buisson, chaque nuage, chaque guanaco, chaque mouvement dans la Pampa. On a beau dire, la Patagonie n’est pas partout la même. Les paysages se ressemblent et changent dans un mouvement perpétuel à m’en donner le tournis. Un buisson, deux buissons, trois buissons, un guanaco, un buisson, oh un arbre, trois guanacos, un buisson, une station pétrolière, deux buissons, un cours d’eau, des chevaux, une estancia, un village des moutons, dix guanacos, un auto-stoppeur, une montagne, un canyon, un buisson, le désert. Tout tourbillonne, tout se ressemble, tout m’étonne. Le soleil brille, le vent souffle, les nuages défilent à toute allure, quelques gouttes de pluie et rien de plus. La Patagonie a été clémente avec nous et s’est montrée sous son meilleur jour. A peine quelques souffles de vent, quelques coups de froid, quelques gouttes de pluie et rien de plus. On a même eu des pics à 39°C, c’est pour dire.

Sur les routes de la Patagonie en autostop

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Sur les routes de la Patagonie en autostop

Sur les routes de la Patagonie en autostop

J’ai piqué du nez plusieurs fois, j’ai rêvé de Patagonie, d’auto-stop et d’étendues immenses et je me suis réveillée en sursaut. Ne pas s’endormir, ne rien manquer, on ne sait jamais. Un buisson, deux buissons, trois buissons… Aujourd’hui, je peux dire que j’ai vu chaque bout de route que l’on a parcouru, que j’ai vu chaque changement de paysages, chaque petit détail étrange, chaque beauté que la route nous offrait.

Sur les routes de la Patagonie en autostop

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Sur les routes de la Patagonie en autostop

Sur les routes de la Patagonie en autostop

Je me souviens des lacs à chaque tournant sur la route des Sept Lacs. Je me souviens des paysages lunaires jusqu’à Esquel. Je me souviens du désert de la route 40 et la traversée jusqu’à Pico Truncado. Je me souviens de cette drôle d’illusion d’un mélange de montagnes, d’eau et de ciel. Je me souviens de l’horrible ville pétrolière de Las Heras. Je me souviens des bidonvilles que nous avons traversés et près desquels nous avons levé le pouce. Je me souviens du vert et du bleu de ces rivières. Je me souviens de quelques arbres, seuls refuges dans un désert s’étendant sur des centaines de kilomètres. Je me souviens de ces voitures et camions au fond des ravins. Je me souviens de ces points de vue incroyables sur les vallées alentours. Je me souviens de la route ensoleillée jusqu’à El Chalten et de la première fois que nous avons vu le Fitz Roy. Je me souviens des chemins de terre et des tremblements de voiture. Je me souviens des animaux, du guanaco à l’autruche, en passant par le condor, les chiens et le castor. Je me souviens de visages et de sourires, de mains tendues et de rire. Je me souviens de ce dernier bout de route, d’une beauté indescriptible entre les montagnes et les lacs et l’arrivée à Ushuaia, au bout du monde. J’ai versé une petite larme à notre arrivée au coucher du soleil. Une fois encore, Ushuaia me touche au plus profond de mon être.Sur les routes de la Patagonie en autostop

Un buisson, deux buissons, trois buissons… Merci, ma très chère Patagonie.

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Traverser la Patagonie Argentine en autostop: de Bariloche à Ushuaia à la découverte de la vraie Patagonie

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