Presque chaque nuit, je rêve de voyage. Cela n’a rien de paisible, de rêveur ou d’idyllique. Ce sont plutôt deux mondes qui se confrontent et tentent de se réconcilier, à travers mes rêves et cauchemars.

Presque chaque jour, j’écris et je construis des mondes, des larmes et des sourires, où les voyages intérieurs et extérieurs ont la part belle.

Je me demande souvent s’il me faudra sept ans, autant d’années que mon nomadisme, pour en faire le deuil et le bilan, pour savoir tourner la page, pour ne plus en rêver la nuit. Je me demande aussi parfois, si je dois laisser le voyage entrer à nouveau dans ma vie, et accepter que je suis à la fois nomade et sédentaire, voyageuse et ancrée dans ma terre d’adoption.

Plus souvent, je suis celle qui, comme dans l’enfance, préfère rêver et écrire des voyages imaginaires, dans les mots, les images, les histoires et les expériences, parce qu’après tout, peut-être que cela est suffisant.

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Deux ans de sédentarité à Edimbourg

L’ironie d’un bilan sédentaire, après des années de bilans nomades. Un bilan justement, qui ne semble avoir de valeur et d’utilité que par l’existence des années précédentes. Comment redevenir sédentaire, après toutes ces années de nomadisme?

D’une certaine manière, cela a été facile, parce que je rejetais le voyage et le nomadisme justement, et parce que j’ai savouré ces années de pandémie, assignée à résidence écossaise, à n’avoir aucune obligation de voyage (pour la famille, le travail ou la découverte). Cela restait par défaut et à dessein. Tout plutôt que le nomadisme! C’est un peu comme l’addiction: si l’on tient quelque chose à distance, de manière si déterminée, cela masque sans doute une douleur, quelque chose que l’on ne veut ou peut pas voir, vivre ou ressentir. Rejeter, c’est lutter contre soi-même ou une leçon.

Ces deux années dans mon appartement à Edimbourg ont sans aucun doute été parmi les plus belles et les plus en paix que j’ai vécues. Ce sont aussi celles où j’ai le plus appris sur moi-même et où j’ai vraiment fait un immense travail d’introspection, de guérison et de spiritualité. Je suis arrivée dans le premier appartement de ma vie – un lieu qui allait devenir mon cocon – naïve, fringuante, blessée, fatiguée du voyage et pleine d’espoir et je sais que j’en repartirais bientôt, grandie, transformée et en paix.

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Très souvent, de moins en moins souvent peut-être, ma vie passée se rappelle à moi, dans une conversation, un objet, un souvenir, une question. Je suis celle qui petit à petit achète des vêtements de ville, pour remplacer ou compenser l’équipement de voyage avec lequel j’étais arrivée. Je suis celle qui n’avait pas de plantes, de meubles, de livres, de bagages physiques et qui s’était installée de manière plus sommaire qu’une étudiante. Je suis celle qui n’a pas suivi la culture, dont les sorties de films pendant sept ans. Celle qui a été partout, mais qui ne s’est sentie chez elle nulle part. Celle pour qui, les premières fois sont en décalage, comme un premier appartement seule à 33 ans.

Deux ans pourtant, ce n’est pas encore mon record dans ma vie d’adulte (trois ans l’est, à Londres et Rennes), mais cela fait au total déjà cinq ans de vie au Royaume-Uni. Et deux ans d’une vraie sédentarité, celle où l’on ne prévoit plus le nomadisme, celle d’un vrai ancrage, même si les racines n’ont pas voulu pousser trop profondément pour le moment, à la perspective d’une autre expatriation peut-être, d’un ailleurs incertain.

Lors de ces deux dernières années, j’ai enfin compris, pas seulement mentalement, mais tout au fond de mes cellules, que cette appartenance, cet ancrage, que je cherchais en un lieu, dans l’idéalisation d’un « chez moi » qui n’avait jamais existé, était en moi et que je l’emportais partout avec moi, en chaque voyage, en chaque errance, en chaque promesse de port d’attaches. Et que chaque maison, chaque pays, chaque lieu d’appartenance, chaque appartement, chaque ville ou pays d’adoption, était celle, celui qu’il me fallait à ce moment-là, l’expression de mon paysage intérieur, de l’acceptation et de l’amour de moi-même, et une expérience de vie. Bien sûr l’appartenance, c’est aussi la reconnaissance, une communauté de valeurs et d’expériences, l’entourage, l’environnement, mais ce grand tout sublime et colore ce qui est au fond de moi et mon intériorité, colore à son tour, mon environnement et ma communauté.

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Photographie par ©Vivian Melder

J’ai cherché pendant près de deux décennies où était ma place, en termes de localisation géographique, de mode de vie, de communauté professionnelle et de passion. Mais la réponse était toujours logée au fond de moi. Il s’agissait de faire de l’espace (grâce à du temps avec moi-même, du silence et beaucoup de nature), me souvenir et découvrir qui j’étais, m’accepter et m’aimer, pour enfin prendre la place dans la vie que j’avais envie de vivre et la créer comme je la rêvais. A Edimbourg, en France, ou au bout de la planète; dans mes relations et dans ma carrière.

Je ne peux pas dire qu’Edimbourg, l’Ecosse ou même le Royaume-Uni soient mes vrais chez moi, ou le seront pour toujours ou pour une longue période de temps. A vrai dire, je n’en ai aucune idée. Même s’il y a quelques semaines, une écossaise dans un parc, m’a demandée si j’étais ici chez moi pour de bon, « Home for good? » et que j’ai répondu spontanément, me surprenant moi-même « Oui, je crois », en pensant tout de suite après « Pour le moment ». Home for good for now. « Mon chez moi, pour de bon, au présent ». Je ne peux pas en savoir plus que cela, et je n’ai pas besoin d’en savoir plus que cela. C’est le présent qui me définit et l’imprévu du futur qui me fait sourire.

Petit à petit, à tous petits pas, j’ai recommencé à prendre la route. Une escapade d’une journée avec une amie à Stirling. Une retraite d’écriture en solo de cinq jours dans les Highlands. Noël en France. Des vacances en France au printemps. Des escapades régulières à la mer. Une autre retraite d’écriture de quelques jours à la frontière écossaise. Des week-ends en Ecosse et en Angleterre. Il y a un peu plus d’un an, la perspective de faire mon sac à dos, de prendre des transports, d’être dans un Airbnb, de garder des animaux, d’aller rendre visite à des amies, de ne pas être chez moi, me donnait de l’anxiété. J’aimais à blaguer que j’avais un stress post-traumatique du nomadisme et je crois que pendant un temps, cela n’était pas vraiment exagéré. Il y a encore quelques mois, la mention d’une potentialité de quelques mois sans adresse fixe m’a mis les larmes aux yeux. Je ne suis pas encore tout à fait guérie, mais je me prends parfois, à rêver et envisager des voyages et je sais déjà, que mon prochain voyage est au tournant (on en reparlera).

J’aime avoir un lit comfortable, que mes affaires, même si je reste encore minimaliste, demeurent bien rangées, à l’abri, chez moi. J’aime avoir mes petits habitudes, d’organisation, de vie, d’ancrage. Mon café préféré, mon magasin pour faire les courses, mon club de karaté, ma promenade jusqu’à la mer, mes ami.es… J’aime apprendre à connaître à nouveau, une ville sur le bout des doigts, toutes ses rues, ses parcs, ses cafés, son rythme, ses saisons. J’aime connaître la région et refaire encore et encore la même randonnée en toutes saisons. J’aime la routine et la surprise dans le quotidien. J’apprends à aimer avoir des visiteurs. Des festivals et événements qui vont et viennent chaque année. Et la Lucie nomade aurait ri, jugé et n’aurait jamais cru que ces mots seraient prononcés un jour par moi.

Il y a quelques aspects de la vie nomade qui étaient plus aisés, notamment financiers, ayant peu de frais fixes et un mode de vie plus élevé et orienté autour du loisir par la même occasion. La météo peut-être aussi. Mais je sais que je ne pourrais jamais revenir en arrière. Que j’ai adoré cette vie passée et me donner la chance de vivre ces années sur la route et de voir le monde. Que cela fait partie de moi et en fera toujours partie. Que j’aimerais, peut-être un jour, donner à ma vie, quelques saveurs nomades ponctuelles. Mais aujourd’hui, cette vie sédentaire est ce que je souhaite et désire profondément, car mes priorités ont changé et que je sais que ce dont j’ai besoin, pour ma créativité, mon écriture, mon business et ma propre stabilité émotionnelle.

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Je suis toujours à Edimbourg, dans le même appartement, celui que j’ai trouvé miraculeusement en pleine pandémie en 2020. Je suis sous pre-settled status, ce qui signifie que j’ai le droit de vivre et travailler au Royaume-Uni jusqu’en 2025, avant de faire une demande d’un settled status si je souhaite rester. Il y a eu des changements récents dans ma vie qui me font dire que je ne sais pas du tout de quoi l’avenir sera fait en termes d’ancrage géographique, mais pour la première fois de ma vie, cela n’a pas d’importance. Je ne me tords plus l’esprit dans tous les sens, à savoir où je vais vivre, à faire des listes d’ailleurs et de possibles. Je suis simplement bien ici, et maintenant.

Deux ans de créativité et d’écriture, 18 leçons de créativité

Je choisis ici l’étiquette temporelle de deux ans de créativité et d’écriture, parce que devenir sédentaire, m’installer à Edimbourg, prendre ma retraite de Voyages et Vagabondages, m’a permis de prioriser, de me concentrer et de libérer ma créativité et mon écriture. Bien sûr, je ne partais pas de zéro, et la créativité et l’écriture faisaient toujours partie de moi, mais elles n’avaient pas le devant de la scène et je portais en moi, de nombreuses couches de conditionnements, de syndrome de l’impostrice, de peurs, de doutes et d’anxiété. Dire que pendant toutes ces années je n’ai pas exploité mon potentiel créatif serait, je crois, un euphémisme. Mais cela m’a permis de vivre, au cours de ces deux dernières années, un fabuleux voyage, à la rencontre de ma créativité et de mon artiste intérieure.

J’avais envie aujourd’hui de dresser un bilan et de tirer les leçons de ces deux ans, de libération de ma créativité, de mon écriture et de mon artiste intérieure. Ce sont des leçons en vrac que je tire de ma propre pratique créative et artistique et de mon coaching avec des artistes. L’apprentissage continue et les leçons continuent de se vivre et de s’approfondir.

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18 leçons de créativité et d’écriture

  • On ne commence jamais de zéro avec la créativité

Malgré ce que nos egos veulent nous faire croire, on ne commence pas de zéro. On a toutes et tous tenu un crayon, dessiné, écrit des dissertations, monter un spectacle de danse ou une pièce de théâtre, imaginer des jeux avec nos legos, poupées et Playmobils, chanté et exprimé notre créativité dans l’enfance et à l’adolescence. Même à l’âge adulte, la créativité est en chacun de nous, dans la manière dont on parle, s’habille, se maquille, raconte des blagues, décore notre chez nous, planifie un voyage ou une soirée, etc. On ne part jamais de zéro. On se souvient que la créativité est en nous. Il s’agit alors de la libérer, de la laisser s’exprimer pour qu’elle prenne sa pleine présence et expression.

  • Les idées sont là, mais tu ne les perçois ou ressens pas

Si tu n’as pas d’idées actuellement, si tu ne te sens pas inspiré.e, ce n’est pas que tu n’es pas créatif.ve ou que tu n’auras jamais d’idées. Il peut y avoir plein de raisons et de sources à ton blocage créatif, mais ce n’est pas que tu n’as pas et n’auras jamais d’idées. Peut-être as-tu besoin d’espace, de temps, de contemplation, d’ennui, de travailler sur une peur ou un blocage, de te permettre de créer sans être inspiré.e, que tu as besoin de repos, que tu as besoin de laisser aller certaines choses dans ta vie… Pour ma part, c’est presque systématiquement le symptôme d’un besoin de repos, de silence et de solitude. Les idées s’envolent toujours juste après que j’ai pris du temps pour moi.

  • Il n’y a pas de ligne d’arrivée dans la créativité

Si l’on ne commence pas de zéro, je suis également persuadée qu’il n’y a nulle part où arriver et que les marqueurs n’en sont que parce qu’on leur donne une importance ou que l’on place des attentes dessus. Par exemple, « je serais vraiment autrice quand j’aurais publié et vendu un premier livre, je serais artiste quand je serais payée pour mon art, quand j’aurais fait un concert devant des milliers de personne, quand j’aurais obtenu la reconnaissance de mes pairs, de mes mentors, de ma famille, que j’aurais eu un prix, etc. » Je crois que je l’ai vraiment réalisé et compris par l’exemple quand j’ai publié et vendu l’Envol. Oui, c’était grisant d’avoir des lecteurs.rices et d’être payée pour mon écriture, mais si je suis profondément honnête, cela n’a pas changé quoi que ce soit à mon amour de l’art, à mon processus créatif ou à l’Envol qui s’écrivait au présent. Mon ego était flatté, mon ego pourrait en tirer une source de validation pour lui permettre de continuer d’avancer, mais au final cela ne dit rien sur qui je suis en tant qu’artiste, sur ma voix et mon style, ni sur ce que je crée. Pour moi, le but n’est pas la ligne d’arrivée, mais la joie de la créativité au présent et la joie de l’impact que cela a pour les personnes autour de moi.

  • La patience est une qualité essentielle et difficile à développer et conserver

Patience avec soi-même, avec sa créativité, avec le long processus créatif et de développement artistique, avec son propre chemin. Personne ne nous attend, ni le monde, ni les lecteurs.rices et c’est un long chemin pour trouver, développer sa voix et continuer chaque jour, le travail vers sa voix/e créative et artistique. Je me suis rendue compte, après plusieurs concours, plusieurs demandes de bourses, plusieurs projets qui tournaient en rond, qu’il était bien enfantin, voire même capricieux, de croire qu’en acceptant enfin d’être autrice, le monde allait m’accueillir à bras ouverts et me donner une chance. On entend toujours parler d’histoires incroyables, d’auteur.es sortis de nulle part qui sont soudainement en haut des best-sellers, mais comme l’expliquent bien Elizabeth Gilbert (Eat, Pray, Love) ou Cheryl Strayed (Wild), voilà bien 10 ans qu’elles étaient dévouées à leur art et écriture avant de « réussir ». Et il n’y a pas de garantie. Patience et dévotion sont les maîtres mots.

  • La phase d’exploration créative et artistique est nécessaire et constante

Après mon master d’écriture de scénarios, après avoir écrit courts-métrages, bande-dessinées, série et film, je pensais avoir trouvé mon style et ma voix. D’une certaine manière, c’était vrai, mais l’exploration, les tests, les écrits qui sortent simplement pour jouer, pour explorer sont nécessaires, constants et joyeux. Cela fait partie du chemin créatif, de la joie d’être artiste et je ne changerai cela pour rien au monde. Mon téléphone et mon ordinateur commencent à être remplis de débuts, de recherches, d’explorations, de quelques mots ou quelques phrases. Peut-être deviendront-ils quelque chose. Peut-être pas. Mais ce n’est pas ce qui compte.

  • La dévotion est au coeur de ton épanouissement créatif

Ce que certains appellent travail, discipline, acharnement, sacerdoce, j’ai transformé en dévotion. La dévotion à ton art, à ton écriture, à ton artiste intérieur, à ton chemin créatif est primordiale, autant pour ta confiance en toi, que pour ta progression et ta joie. Sans dévotion, il ne semble pas y avoir amour de l’art et dans ce cas, à quoi bon? Pour moi, cela a été et est encore un chemin difficile, mais chaque jour, j’approfondis mon sentiment de sécurité par rapport à la dévotion. Parce qu’exprimer de la dévotion à son art, à travers le temps et l’espace par exemple, est une prise de risque, et une vulnérabilité. La théorie de l’attachement semble applicable aux relations, à l’argent et à la créativité, et la fuyante en moi apprend à rester et à s’engager envers son art. Es-tu dévouée à ton art et ta créativité?

  • C’est une danse de dévotion, d’intuition, d’intention, de structure et de direction

L’intuition guide mon parcours, ma voie créative et mes projets de coaching et d’écriture depuis quatre ans maintenant. Mais l’intuition sans direction, sans structure, sans dévotion, se perd parfois au flot des vagues et des nuages. Ce n’est pas un mal, il peut être agréable et transformateur de se laisser porter par le flow, mais sans intention, direction, structure et dévotion pour pouvoir canaliser et matérialiser l’intuition, on reste dans le flottement. Concrètement, une idée, des mots, des phrases, des personnages, une histoire peuvent venir de manière intuitive et fluide, mais sans structure, sans espace et temps dédié, sans format où guider cette intuition, sans décision et intention artistique, sans constance dans le travail l’on ne termine rien ou on termine quelque chose d’illisible, d’impalpable, d’intraduisible. Pour moi, cela par apprendre, chaque jour et en chaque moment créatif à amener l’intention, la raison et la structure au bon moment, tout en la laissant aller à nouveau pour faire de la place à l’intuition et l’inspiration.

  • L’intuition créative est puissante quand tu la libères

La créativité intuitive ou l’intuition créative, semble illimitée, plus on la cultive, plus on joue avec, plus on l’accueille sans jugement, sans attentes, sans forcer, sans rétention. Elle continue de me surprendre chaque jour, en chaque création. Elle est une ancre dans ma vie et dans ma créativité et je sais qu’elle sera toujours là pour me guider, me rassurer et m’inspirer. La libérer, la laisser s’exprimer sans qu’elle soit étouffée par la raison, la logique, les peurs, les doutes est un processus, un apprentissage et une pratique. C’est ce que j’enseigne dans La Bulle, mon cours en ligne pour libérer ta créativité et trouver ton artiste intérieure et ta voix/e artistique et créative.

  • Laisser de l’espace à ta créativité lui permet de fleurir

Plus tu donnes de la place à ta créativité, de manière physique et métaphorique et en termes de priorité, plus elle a l’espace, l’occasion de grandir, fleurir et s’ancrer dans ta vie. J’ai commencé par laisser une petite place, presque symbolique à mon écriture. C’était la place de la passion, celle que je ne prenais le temps de pratiquer qu’une fois par semaine, quand j’avais le temps, quand j’avais fait tout le reste, en termes de travail, relations, ménage, administratif, sport, repos et seulement si j’étais d’humeur et en état. Petit à petit, je lui ai donné des après-midis, puis des matinées (c’est le meilleur espace en termes de productivité pour moi), puis deux jours par semaine, puis trois jours depuis quelques mois et puis tous les matins depuis très récemment. Petit à petit, j’ai pu écrire la moitié d’un roman (toujours en cours), L’Envol, un e-book, des poèmes, des essais, des scénarios. Je sais aujourd’hui que plus je lui donne de l’espace, du temps, de la priorité et de la dévotion, plus l’écriture fera partie de ma vie, en symbiose avec elle. Ce à quoi tu portes de l’attention, du soin, de l’amour et de la dévotion grandit. Et cela vaut aussi pour la créativité.

  • Ta créativité ne part nulle part

Oui, les idées vont, viennent et disparaissent, mais ta créativité elle ne va nulle part et elle attend sagement que tu prennes soin d’elle. Peut-être que les débuts seront compliqués, si tu l’as délaissée depuis quelques années et décennies, mais tout comme tu ne pars pas de zéro en termes de créativité, la créativité ne te quitte pas et elle est toujours à tes côtés, riche, et prête à te faire voyager avec elle. Si une idée vient et que tu n’as pas le temps de la capter sur le moment, si elle est censée revenir, elle reviendra, sous une forme ou une autre. Evidemment, si après l’avoir saisie, tu ne lui consacres pas du temps, elle repartira sans doute vers les éthers, vers un ailleurs plus clément pour elle.

  • Toutes les idées ne sont pas pour toi et ne sont pas pour tout de suite

Nous n’avons pas tous.tes la même capacité créative en termes de temps, d’espace mental et d’énergie, et peu d’entre nous peuvent mener plusieurs projets de front et les mener à bien. Il vient un moment où il faut se concentrer, choisir une idée et laisser aller les autres, ne serait-ce que pour un temps. Je suis du genre à avoir des nouvelles idées tous les jours. J’apprends, petit à petit, qu’elles ne sont pas toutes pour moi ou que je ne dois pas toutes les réaliser instantanément.

Page blanche, un monde à réinventer et réécrire.
  • Ta créativité, ton art, ton écriture, ne ressemble à celle de personne et c’est tant mieux

La comparaison, la copie, un regard trop prononcé vers comment font les autres pour créer, réussir, avancer est contre-productif. Ton chemin, ta voix, ta mission de vie, ta créativité, ton art, ton écriture ne ressemble en rien à ceux des autres, sont uniques et c’est tant mieux. Bien sûr, l’extérieur est là pour nous inspirer, pour nous aider à avancer, pour tirer des leçons, mais quand on commence à se comparer, à vouloir faire comme les autres, à essayer de reproduire un succès ou un cheminement, c’est la garantie de faire flop et de se perdre en chemin. Ta voix compte, ton art compte et le chemin pour y arriver t’es unique, car sinon, comment pourrais-tu créer quelque chose d’unique, d’authentique et de différent? Réaliser que ta créativité est différente et authentique, l’accepter comme telle, sans la forcer à être autre chose que toi-même et ta créativité est sans doute la leçon essentielle qui permet, chaque jour, dans les moments difficiles, de continuer dans cette voie.

  • Tu n’as pas besoin de suivre la voie classique, de faire une école d’art et de répondre aux standards

Bien sûr, c’est une voie, un chemin comme une autre, mais la réussite ne dépend pas forcément des gardiens du statu quo (éditeurs, compétitions, producteurs, galleries, écoles, journalistes, critiques…) qui valideraient ton art. Il y a plein de manières de réussir, de conceptions même de la réussite et ce n’est pas parce que ton chemin n’est pas classique et normé que tu n’es pas artiste ou créatif. J’ai moi-même fait un Master d’écriture de scénarios. C’était passionnant, j’ai adoré le faire et je n’ai aucun regret, mais c’était très normatif et peut pousser pas mal de créatifs pas encore matures à tout arrêter ou à essayer de se conformer à la norme. L’important est de savoir ce que tu veux et de ne pas faire quelque chose, parce que tu es censé le faire, selon les codes sociétaux, tes parents, ce qu’un prof t’as raconté… Cette leçon m’aurait fait gagner pas mal de temps dans la vingtaine…

  • Tu ne peux pas penser, forcer et manipuler ton chemin créatif et artistique

On a tous des grands rêves et des buts associés à des stratégies compliquées pour y arriver. Oui, cela peut fonctionner si cela t’es authentique et si c’est vraiment ce que tu souhaites faire. Mais la créativité n’est pas linéaire, tu n’es pas non plus un être linéaire et la créativité, ta créativité, t’emmènera sur des chemins détournés que tu n’avais pas imaginer, pour te permettre de te développer, d’apprendre, de traverser des obstacles et de devenir l’artiste que tu souhaites être. La créativité s’accueille, se vit, s’expérimente, entre en dialogue et en danse avec toi. Elle ne peut être forcée, mais écoutée, libérée et écoutée.

  • Le travail personnel, de transformation et de guérison est essentiel en parallèle à ta créativité

Travailler sur soi, que ce soit par la psychologie, le développement personnel ou spirituel est important pour continuer d’avancer sur son chemin créatif, pour dépasser ses blocages, ses peurs et ses résistances et pour se permettre de devenir l’artiste que l’on est. Sans cela, je sais que je tournais en rond et n’aurait jamais pu écrire et créer tout ce que j’ai écrit ces deux dernières années, ni même me serait permis les risques artistiques que j’ai pris, dans et en dehors de mon Master. La créativité en elle-même est d’ailleurs un terrain de jeu idéal, un miroir de compréhension de soi et de ses propres blocages et peut permettre d’avancer dans d’autres domaines de nos vies, en coaching par exemple. Si tu as envie d’explorer ton paysage intérieur par le prisme de ta créativité et ton art, je serai ravie de travailler avec toi dans Le Cocon.

  • Ma créativité est une pratique spirituelle, ma spiritualité est créative

La créativité, l’art, l’écriture, quand elle sont libérées, quand elles sont intuitives, sont des pratiques éminemment spirituelles, de connexion à quelque chose de plus grand que nous, quelque soit le sujet que l’on navigue. Et je me réjouis d’explorer cela à travers mon écriture dans les années à venir.

  • L’Envol est le fruit de toutes ces leçons

Mon livre audio L’Envol n’aurait pu naître sans toutes ces leçons et ces apprentissages, réflexions et guérisons de blocages et peurs. Il est le fruit direct de la libération de ma créativité, de l’intégration de l’intuition et de la raison dans ma pratique artistique et de la confiance en mon chemin créatif. Et pour cela, je ne peux être que reconnaissante, que ces années de créativité, d’ouverture à l’intuition, d’exploration m’est menée à la réalisation de cette oeuvre dont je suis si fière.

  • Un livre doudou pour les moments compliqués

Et quand le chemin devient trop dur, quand on a envie de tout envoyer promener, quand on se dit qu’on va abandonner, qu’on n’y arrivera jamais, je ne peux que recommander le livre Comme par Magie de Elizabeth Gilbert, un livre réconfortant et inspirant pour se remettre sur la voie. Le chemin n’est jamais facile, mais c’est lui qui fait que cela en vaut la peine!

La Bulle

Nous explorerons ces leçons de créativité plus en profondeur à travers la seconde édition de La Bulle, mon cours en ligne pour libérer ta créativité et ton artiste intérieur.e et permettre à l’art, la créativité et l’écriture de rentrer ou de prendre plus de place dans ta vie.

La Bulle est en vente à tarif réduit pour les abonnés à la Newsletter du Ginkgo et du Papillon le 1er septembre 2022 et une semaine après pour le public. Nous commençons l’expérience la semaine du 22 septembre 2022 et ce pendant sept semaines.

Pour découvrir d’autres leçons et réflexions autour de la créativité, je t’invite à t’inscrire à la Newsletter du Ginkgo et du Papillon, où tu recevras une série d’écrits sur la créativité au cours des prochaines semaines, ainsi qu’une réduction exclusive de 222€ pour participer à La Bulle.

Un an de business

Quand on commence à dresser le bilan d’une même période, dans différents domaines de nos vies, l’on se rend compte que les apprentissages, les leçons, les obstacles sont similaires d’un domaine à l’autre et que l’on avance, de concert, laissant les domaines personnels et professionnels communiquer joyeusement.

La première fois que je suis devenue freelance, blogueuse de voyage professionnelle et traductrice, cela s’est fait de manière naturelle, sans que j’ai à planifier, structurer, imaginer un plan business ou forcer quoi que ce soit. Ce métier qui n’existait pas, s’est créé sous mes yeux, dans mon expérience et à travers les projets et les idées que j’avais envie de mettre en place et au fil de mes voyages et aventures. Je ne savais pas comment je pourrais gagner de l’argent ou avancer à court, moyen ou long-terme, mais tout semblait se dérouler et progresser au fil de mon écriture et de mes voyages. Je suis devenue conférencière et consultante Pinterest, j’ai imaginé, créé et réalisé des campagnes et j’ai suivi avec joie l’imprévu de l’aventure et un métier qui se dessinait, varié et passionnant.

Les débuts financiers au retour de mon tour du monde et au début de la professionnalisation de Voyages et Vagabondages ont été bien évidemment difficiles et l’incertitude était souvent de mise, mais sans jamais vraiment virer à la catastrophe et progressant graduellement vers plus de stabilité. Mon mode de vie nomade, mon mode de voyage à très petit budget, m’ont permis de prendre mon temps et de me développer petit à petit, jusqu’au sabbatique, puis la retraite.

Cette fois-ci, je partais de zéro (je sais, je ne partais pas vraiment de zéro…!), j’avais plus de frais fixes étant sédentaire et j’avais une idée plus précise de là où je voulais aller. L’incertitude était encore plus au rendez-vous, après la pandémie et au vu de la situation actuelle, me lançant dans le coaching et m’attelant à un métier artistique, duquel il me semblait plus compliqué de vivre. J’ai encore beaucoup de travail de mindset à faire autour de mes croyances sur l’art et l’argent. Cela n’a pas été facile, rien ne s’est passé comme je l’avais prévu, j’ai fait face à de nombreux échecs, essais, tâtonnements et rebuffades, à une incertitude financière comme je ne l’avais pas connu depuis de nombreuses années. Je me remettais également en selle, après le burnout, avec la peur de revivre la même chose, de me laisser emporter par le travail et de me brûler par l’amour de l’art.

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J’ai lancé plusieurs offres de coaching, j’ai eu plusieurs clientes, j’ai mené des cours et des Masterclass, j’ai écrit un livre audio, j’ai fait un peu de travail freelance, j’ai fait de la figuration, j’ai postulé en vain à des dizaines d’emplois, dans la culture et de survie, je me suis remise en question, j’ai recommencé, j’ai persisté, je me suis perdue, je me suis retrouvée.

De bien des manières, cette année peut me sembler quelque peu flottante, et dans mon impatience, j’ai l’impression que les choses n’avancent pas assez vite, ni bien. Pourtant, si je fais le bilan, en ne me concentrant pas simplement sur le bilan financier, en termes du nombres de clients.es et de leur transformations, en termes de produits créées, en termes d’écriture, en termes de joie et d’accomplissement personnel, en termes d’apprentissage et d’évolution, en termes d’équilibre de vie perso et pro, en termes de recherche et expression de ma voix, de mon style et de mon Dharma, le bilan est plus que positif et sans doute la meilleure année de business de ma vie. Jusqu’à la prochaine. Je me sens bien, alignée, en phase avec ce que je crée et ce que j’imagine et je me réjouis des mois et années à venir. Et ça pour moi, c’est le plus beau des cadeaux.

Cette année, j’ai appris (et je continue d’apprendre encore) à recevoir et demander de l’aide et du soutien, qu’elle soit financière, matérielle ou autres. J’ai appris à me détacher de mes propres attentes linéaires, aléatoires et arbitraires. J’ai appris la patience et la confiance, en contrepied à la résilience. J’ai vraiment intégré l’importance du bien-être, de l’accomplissement, du plaisir, de la joie et du repos dans un business. J’ai réappris à faire avec amour et passion, sans peur permanente du burnout. J’ai appris (et j’apprends encore) à lâcher prise sur mon perfectionnisme. J’ai appris à ne plus compartementaliser et à être moi-même dans chacun et tous les domaines de ma vie. J’apprends que l’art, l’écriture et le business ne doivent pas être séparés, mais dialoguer en harmonie.

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Et surtout, comme dans le voyage et la créativité, j’ai appris la nuance, et la réintégration de la raison à l’intuition, par le biais de la conscience et de la prise de conscience. Ce n’est pas l’un ou l’autre. C’est les deux à la fois, pour devenir soi, trouver et incarner sa voix et avancer vers son Dharma, sa mission de vie. C’est la leçon principale que j’emmène avec moi dans l’année à venir, pour l’appliquer, l’intégrer et l’approfondir. L’authenticité, dans le business, dans la créativité et dans la vie se trouve à l’intersection de toutes les parties de nous qui veulent s’exprimer.

Pour l’année à venir, je me réjouis de devenir moi encore plus, à travers mes expériences, mon écriture, mon art et mon business. Pour la première fois, je sais où je vais, à l’automne et l’année prochaine, et j’ai même pour certaines choses, un plan et un calendrier, qui demeurent bien sûr flexibles et ouverts, à l’air du temps et aux énergies. Il n’y a plus de rigidité, ni dans un modèle business qui ne saurait répondre à la réalité et aux énergies actuelles, ni dans la défense d’un mode de vie et de travail intuitif. L’incarnation des deux sera mon ancrage pour l’année à venir.

Et c’est sans doute comme cela, que j’arrêterai de rêver de voyages et de ramer à la recherche d’un ancrage qui ne m’avait jamais quitté….

Et toi, chère lectrice, cher lecteur, comment abordes-tu la rentrée, en tant que voyageur.se, en tant qu’artiste ou créateur.rice ou en tant qu’entrepreneuse?

Je suis curieuse de lire tes obstacles, tes doutes, tes réussites, tes échecs, tes leçons et tes intentions pour l’année à venir et d’échanger avec toi si tu as des questions sur ce bilan et ces leçons.

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