A chaque fois que je pense aux Îles de la Madeleine, les larmes me montent aux yeux. Des larmes de tristesse d’être repartie, des larmes d’émotions au souvenir de tant de beautés et de merveilles, des larmes de joie d’avoir eu la chance d’y aller le temps d’une courte semaine, des gouttelettes d’eau en pensant à mes compagnes de voyage, des torrents lorsque je pense à l’érosion et l’éphémérité de ces terres, des nuages lorsque je rêve à ses plages, ses buttes et ses falaises, et puis, je sèche mes larmes et je souris en pensant à toutes ces rencontres, à toutes ces histoires, à toute cette passion.

Iles de la Madeleine - Coucher de soleil au Phare du Borgot - De buttes en buttes aux îles de la Madeleine

Déjà en atterrissant pour la première fois aux Îles, je pleurais et mon coeur se serrait. Non pas que le vol en coucou et l’atterrissage à l’arrachée m’aient retourné le coeur, mais, sans même avoir humé l’air du vent, en regardant par le hublot, j’ai ressenti un fort attachement aux Îles. C’est sans doute parce que Jennifer m’en avait tant parlé, ou était-ce le magnétisme des Îles qui me retenait déjà, avant même d’y avoir posé le pied? Qui aurait cru que le sable noir magnétique était si puissant?

Au matin, je découvre une butte et de l’eau tout autour de moi. Le bruit des vagues résonne dans ma tête et le vent fait chavirer mes oreilles et mes cheveux. Des cormorans tournent au-dessus d’un phare blanc et rouge et nous gambadons gaiement sur une butte, la première de nombreuses à venir. Des verts et des bleus, des ocres et des jaunes, des oranges et des turquoises et puis surtout, le soleil.

D’îles en îles, de buttes en buttes, de panoramas en panoramas, de dunes en dunes, mon coeur fond au soleil des Îles et devant le sourire des habitants, qui me réchauffent en ce froid printemps canadien. En bateau, à vélo, en scooter, à pied, en voiture, mes cheveux virevoltent et mes pieds dansent au rythme de la mer, au mouvement de la terre, à celui du vent et des oiseaux.

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Un voyage aux Îles de la Madeleine

Un premier coucher de soleil et je frissonne. Est-ce que tout cela est bien réel? Et si je venais à fermer les yeux, est-ce que cela disparaîtrait? Il ne suffira pas d’un battement de paupières, mais peut-être de quelques milliers avant que les Îles ne s’évanouissent. L’érosion fait son oeuvre, dans un tourbillon de vent, de glace, de marée et d’eau, implacable et forte. Comment revenir en arrière dans le grand jeu de la Terre et de l’Histoire? Des larmes apparaissent encore une fois. Et si, c’était cette éphémérité même qui rendait les Îles si belles, fugaces dans leur beauté, magistrales à leur apogée?

Fragilité de la Terre, fragilité de l’Homme. De mes doigts, j’effrite la falaise et je casse la roche. Le grès se brise en un coup net. Le sable rouge coule entre mes mains, filant à l’horizon dans l’infini du Golfe. Je ne suis qu’un grain de sable dans l’Histoire de l’univers, mon temps sur Terre est compté, mais celui des Îles l’est aussi.

C’est comme si les Îles vivaient aussi leur Carpe Diem, sans savoir de quoi demain sera fait, ni le prochain siècle. Il n’y a pas d’heure aux Îles, ici on a le temps. Le temps s’écoule, s’effrite et s’envole… Tout le temps du monde et si peu de temps à la fois…  pour vivre le moment présent, pour sourire à la vie, pour raconter des histoires, pour passer du temps entre amis, pour courir de buttes en buttes, pour vivre pleinement, le vent dans les cheveux, le sourire aux lèvres, le coeur à fleur de sel.

Je croyais trouver une ressemblance avec les Iles Orcades en venant aux Iles de la Madeleine. Elle est bien là, mais c’est aussi la majestueuse et bien-aimée Patagonie que j’y retrouve. Et puis, j’y ai aussi trouvé un bout de moi-même, un grain de sable, une âme que je croyais déjà connaître.

Comme un goût de canneberge acidulée, comme le temps qui file plus vite que le vent, comme la terre qui s’effrite jour après jour, comme cette maison orange qui se dresse sur la plage, comme le bruit de mes pas sur le foin rêche et jauni par l’hiver, comme ces contes et ces chansons partagées au coin du feu, comme le vent sauvage et insistant, comme ce renard qui gambade, comme cette mouette qui s’envole jusqu’au phare, comme ce coucher de soleil qui embrase le ciel, comme ce Madelinot qui vous ouvre les bras, comme cette Madelinienne qui vous accueille avec son plus grand sourire, comme ces traces de pas dans le sable, comme ces rires qui résonnent, mes larmes sont le miroir des Îles et tellement plus. Une dernière embrassade, un dernier regard, quelques larmes de bonheur et de nostalgie, et il est temps de repartir. Le décollage du coucou est doux, mon coeur virevolte de légèreté et je souris. Je ne sais pas quand je reviendrai aux Îles, mais cela n’a pas d’importance. Ici, aux Îles, on a le temps.

Merci du fond du coeur à Jen de Moi, Mes Souliers, à Voyage NumériaQc, à Marie-Ève de l’Agence de location des Îles et à tous les partenaires pour avoir rendu ce #tripauxiles possible. Merci aux Madelinots et Madeliniennes pour la passion, les histoires, le sourire et la joie de vivre qu’ils transmettent de manière si communicative. Comme toujours, les photographies et opinions me sont propres.

Et si vous aussi, vous souhaitez gagner un voyage aux Îles de la Madeleine et voir le temps prendre tout son sens aux Îles, participez au concours #tripauxiles ici.


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