Les Londoniens et l’ « ultra-consommation »

ultraconsommationJ’adore Londres pour des milliers de raisons. Il y en a aussi plusieurs pour lesquelles je ne pourrais pas m’y installer définitivement ou y élever des enfants (si jamais j’en avais un jour). L’ultra-consommation en est une et tous les jours je reste choquée de ce que je vois. Certes, Londres n’a certainement pas le privilège de ce genre de comportement, mais c’est l’endroit où je l’ai ressenti le plus. Mais il faut dire que je n’avais jamais vécu dans une ville de cette taille avant Londres. Ce n’est pas qu’une question de taille non plus, ce que j’ai vu dans le reste du Royaume-Uni me semble assez similaire, si ce n’est à moindre envergure peut-être. Bref.

Les Londoniens sont donc dans une logique de dépense et de consommation incroyable. A en donner le tournis… Vous trouverez sans doute peu de Londoniens capable de ne pas dépenser un centime de la journée, très peu d’entre eux connaissent le mot « économies » et si vous venez à parler de troc et de récupération, l’on vous rira sans doute au nez. Voici un petit tour d’horizon des choses qui me choquent au quotidien… si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les ajouter en commentaire. A noter que je parle ici d’un comportement général et pas seulement des catégories aisées de Londres. Cela reste aussi mon expérience personnelle de tous les jours, même s’il y a bien heureusement des exceptions dans mon entourage!

– Comme beaucoup de pays du Nord, la publicité est omniprésente. Dans la rue, au cinéma, dans les journaux, à la télévision. Regardez la télé est une vraie torture ici quand vous vous voyez interrompus toutes les 10 à 15 minutes par une pub de 5 minutes… Les brochures dans la rue et les journaux gratuits pullulent et bien sûr tout se retrouve par terre et non dans la poubelle… Il y a même un boulot fréquent de « porteur de panneaux », qui indiquent que tel ou tel fast-food se trouve par là-bas!

– La technologie est omniprésente et lorsque vous prenez le métro, tout le monde est scotché à son téléphone, son Iphone, son Blackberry, son Ipod, son Ipad, son Kindle ou autres gadgets… Ils ne savent pas « décrocher ». Je suis encore plus choquée lorsque je vois des gamines de 10-12 ans avec leur Iphone ET Ipod. La nouvelle génération semble déjà perdue…

– A chaque coin de rue, vous pourrez trouver un pub, un resto ou autre bouiboui. Vous pourrez sentir toutes sortes d’odeur de nourriture partout à Londres. Ne soyez par surpris. C’est parce que le Londonien ne mange quasiment jamais chez lui. Non pas parce que ce n’est pas cher de manger dehors, bien au contraire. Sa vie sociale est organisée autour des sorties aux pubs et restaurants et il ne pourrait imaginer vivre autrement. Je vis avec des anglais. S’ils cuisinent deux fois par semaine c’est un exploit. Plats préparés, livraisons à domicile, grignotages, restaurants… Ils ne préparent jamais leur lunch non plus, alors que ce serait bien meilleur et moins cher qu’un sandwich du supermarché… C’est un des aspects qui me choquent le plus.
De plus les soirées organisées chez soi sont rares, malgré la taille des maisons en colocation, et si vous organisez quelque chose ce sera forcément dehors. Même les fêtes d’anniversaire ou autres occasions sont organisées au pub du coin! Cela manque un peu de convivialité à mon avis. Certes, vous invitez tous les gens que vous connaissez, mais est-ce vraiment nécessaire?
Ce n’est pas seulement une sortie resto par semaine. C’est deux, trois, quatre, cinq fois par semaine. Quand je reste sans faire grand chose plusieurs soirs de suite chez moi, mes colocs s’étonnent. Comme si c’était une maladie. A croire qu’ils ne savent pas apprécier une soirée tranquille devant un bon bouquin et un repas fait maison.
Je lie à tout ça la surconsommation d’alcool. Prendre un jus au pub n’est pas non plus une habitude très répandue… Le matin, le café Starbucks est rituel aussi. Le repas en famille n’est pas une institution et dès tout jeune les ados prennent des mauvaises habitudes de grignotage… bref j’en aurai des tonnes à dire sur la nourriture et les anglais…

– Le Londonien fait peu d’économies et dépense son salaire entièrement. Il s’endette aussi beaucoup, avec le système de credit card, qui permet d’avoir un emprunt à la consommation très facile, mais qui sont ensuite très onéreux et difficiles à rembourser.

– A chaque coin de rue, vous pourrez trouver une échoppe pour faire des paris sur tout et n’importe quoi.

– Les vieilles guimbardes que l’on trouve en France n’existe quasiment pas à Londres. Voitures neuves même dans les quartiers pauvres, 4×4 en ville, etc. Sans parler du fait qu’il est ridicule d’avoir une voiture à Londres et prenant en compte le fait qu’il y a eu des emprunts très intéressants il y a quelques années pour acheter des voitures neuves, je me verrai mal faire un emprunt pour une voiture.

– Se balader dans les rues tous les jours permet de voir que le shopping bat son plein à n’importe quelle période. Achat d’objets inutiles, de vêtements sans compter… Surtout qu’il y a des soldes dans un magasin ou un autre tout au long de l’année, alors les clients sont encore plus poussés à la consommation. Les Londoniens n’hésiteront pas non plus à investir des fortunes pour entretenir leurs coupes de cheveux ou leurs manucures… Consommation et culte de l’apparence sont bien sûr étroitement liés.

L’abonnement au gym. Faire du sport coûte très cher à Londres, mais cela n’empêchera pas beaucoup de s’abonner au gym et de ne presque jamais y aller…

J’ai souvent l’impression que l’argent est jeté par les fenêtres, facilité par les prêts à la consommation à tout va. Je m’insurge souvent intérieurement, outrée que peu fassent des petits gestes pour réduire leur consommation et aider notre planète (ah et je ne vous parle pas ici du recyclage, c’est un sujet qui m’énerve encore plus !). Heureusement, il y a des charity shops dont le principe est bien développé. Beaucoup d’anglais font aussi du volontariat et des dons à diverses associations. C’est déjà bien, sauf qu’il faudrait songer aussi selon moi à faire quelques réajustements au quotidien…

Je relis cet article 8 ans plus tard et je rigole bien. Ou plutôt je ris jaune. J’étais déjà outrée par l’hyperconsommation, les problèmes environnementaux et évidemment tout cela s’est décuplé, mais surtout tous ces comportements sont arrivés maintenant à Paris et en France…

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