Voilà cinq jours que j’ai terminé mon trek en solo en Suisse, cinq jours que je suis redescendue des hauteurs, cinq jours que je récupère, cinq jours que je me repose et que je repense à cette extraordinaire expérience. Ce trek en solo avec sac à dos, j’en rêvais depuis des années, je l’imaginais régulièrement et je ne savais pas si un jour j’en serai capable, si la santé suivrait et si c’était à ma portée. Pourtant, les jours où j’osais me l’avouer, les jours où j’étais particulièrement confiante en moi, je savais que c’était mon destin en quelque sorte et que j’y deviendrai vite accro. Pourtant, il a fallu de nombreux détours avant que je n’y arrive et j’ai encore du mal à croire que le rêve est devenu réalité la semaine dernière.

Je suis donc partie faire le Tour des Dents du Midi en Suisse, dans le canton du Valais et la Région Dents du Midi, à la fin du mois d’août et au début du mois de septembre 2019, un trek en solo de 5 jours (qui est devenu 6 jours pour moi!), avec sac à dos et en refuges (cabanes). Je vous parlerai bien évidemment des détails de cette randonnée en itinérance, des paysages, du récit de mon voyage et de cette incroyable découverte dans un prochain article, mais je tenais d’abord à écrire un article plus introspectif. Vous avez été nombreuses et nombreux à me suivre sur les réseaux sociaux pendant ce tour et je souhaitais d’abord répondre à de nombreuses questions et interrogations. Cet article s’adresse à ceux qui s’interrogent sur les randonnées en itinérance en solo, sur les préparatifs, sur les conditions physique et mentale qu’il faut avoir avant de partir, sur ce qu’une telle expérience peut apporter et à tous ceux et toutes celles qui rêvent de le faire, mais qui ne s’en sentent pas capables pour des raisons diverses et variées. Toutefois, ceci est mon expérience personnelle. Je suis plutôt débutante et aucunement spécialiste de la randonnée en montagne, alors pensez bien à vous renseigner sur des sites plus spécialisés avant de vous aussi vous lancer.

Les Dents du Midi au coucher du soleil, avant le trek en solo

Bien accueillie la veille du trek par les Dents du Midi

Faire un trek en solo en surpoids et avec des problèmes de santé

C’est un sujet qui est important pour moi et que je souhaitais absolument aborder. Pour ceux qui ne connaissent pas mon parcours, laissez-moi le retracer rapidement, pour avoir un aperçu plus clair de la situation.

Je n’ai jamais été une grande sportive, en dehors de ma pratique assidue du karaté pendant plus de 15 ans. J’ai toujours été une fille plus à l’aise dans les bibliothèques que dans les champs. Vous pouvez en savoir plus sur mon parcours sportif et de randonnée dans cet article. C’est seulement en commençant à voyager, à l’âge de 19 ans, que j’ai commencé à marcher partout, pratiquant surtout la randonnée urbaine. Et ce n’est qu’en partant en tour du monde à l’âge de 26 ans, que j’ai découvert les joies de la randonnée en nature, petit à petit, en fonction de mes capacités physiques et des possibilités du moment. Il faut savoir qu’à cette époque, j’étais obèse, mon poids oscillant autour des 100kg, je portais des semelles orthopédiques depuis des années et j’avais de nombreux problèmes d’articulation, mais j’étais déterminée à tester tous les sports possibles et inimaginables en voyage. C’est d’ailleurs principalement à ce sujet que j’ai écrit les articles, Voyager avec un surpoids et Voyager avec des problèmes de santé.

Il en aurait fallu beaucoup plus pour m’empêcher de repousser mes limites, et je suis donc partie faire pendant mon tour du monde, mon premier trek en solo en Nouvelle-Zélande, sur le Queen Charlotte Track, pendant 4 jours, sur 71 kilomètres, avec un petit dénivelé, sans sac à dos et en hôtels. C’était déjà un sacrée exploit pour moi! Depuis, pour diverses raisons, je n’avais pas vraiment retenté l’expérience, en dehors d’un petit trek de deux jours avec un groupe en Birmanie, d’un autre de deux jours avec une amie en Argentine et d’une randonnée d’une nuit en Autriche avec un groupe. La randonnée faisait toujours partie de ma vie, mais principalement à la journée et le plus souvent sur des chemins peu exigeants, voire plats. Les plus grandes difficultés que je m’imposais étaient de marcher très régulièrement, dans des climats changeants (de polaires à tropicaux) et parfois sans le vouloir en contact avec une faune quelque peu dangereuse.

La marche fait partie de mon quotidien depuis maintenant environ trois ans, le jour où j’ai décidé de reprendre ma santé en main, tout en étant en voyage. Je me suis mise à marcher tous les jours dans la mesure du possible, 10 000 pas au minimum quand j’en ai le temps, me permettant ainsi de garder la forme en voyage et de perdre du poids. J’ai ainsi perdu 15 kilos en un an, passant de l’obésité au surpoids et facilitant bien évidemment mes sorties et activités sportives. Et puis, divers événements se sont succédés, divers soucis de santé, un burnout, une blessure plutôt grave au dos m’empêchant de marcher pendant 8 mois et j’ai petit à petit repris du poids (environ 10 kilos). Le moral était au plus bas, car j’avais pour objectif ces dernières années de faire Compostelle, de faire de longues marches et de traverser des pays à pied. Ces projets ont pris du retard, mais je me suis remise en selle cette année, reperdant petit à petit le poids et surtout, reprenant mes marches quotidiennes dès que je l’ai pu.

Lorsque je me suis lancée sur les chemins du Tour des Dents du Midi la semaine dernière, j’étais en surpoids, j’avais toujours quelques problèmes de santé latents, j’avais passé une année très compliquée mentalement et je n’avais pas pu me préparer physiquement autant que je le souhaitais. J’étais épuisée physiquement et mentalement après un printemps et un été compliqué, mais j’étais sur la bonne pente depuis quelques semaines et j’étais déterminée et convaincue que cela m’aiderait beaucoup. Alors, oui, il est possible de se lancer sur un tel trek en surpoids ou avec des problèmes de santé, mais attention, même si je n’en ai pas l’air, le sport et la marche font partie de ma vie depuis des années et mon mental est également bien entraîné. Alors oui, malgré votre historique et vos conditions de santé spécifiques, il peut être possible de faire un tel trek et je veux vous montrer que c’est accessible à chacun et chacune et que l’on peut effectivement gravir des montagnes avec de la volonté et de la résilience, mais ne soyez pas inconscient, consultez votre médecin et préparez-vous un minimum!

Avant de commencer le trek en solo - Jour 1 du Tour des Dents du Midi - Faire un trek en solo en Suisse: réflexions, préparatifs, introspection, récupération et bilan

Avant de faire mes premiers pas sur le Tour des Dents du Midi

Ma préparation physique pour ce trek en solo

Pour des raisons hors de mon contrôle, même si je savais plusieurs mois à l’avance que j’allais faire ce trek en solo, je n’ai pas pu me préparer autant que je le souhaitais. J’aurais aimé faire au moins deux treks en région parisienne de quelques jours avec un sac à dos, mais je n’ai finalement pas eu la possibilité de le faire. 

Toutefois, il faut savoir que je marche quasiment quotidiennement depuis trois ans. Par ailleurs, je marche toutes les semaines, presque sans exception, de 50 à 100km par semaine. Certes, je suis sur des terrains plats, mais mon endurance à la marche n’est plus à prouver. Cet été, j’ai fait plusieurs randonnées en Île de France, en milieu urbain, en campagne et dans des coins vallonnés, de 20 ou 30km, par temps très chaud, couvrant parfois 50km en un week-end. A l’hiver dernier, 30km le long de la Seine m’avait complètement achevée et j’avais de nombreuses courbatures le lendemain, mais cet été, mon corps était habitué à de telles distances.

Ceux qui ont randonné avec moi, savent que j’ai beaucoup de mal en montée, que je suis lente et que j’ai de gros problèmes de souffle. C’est un problème que je n’avais pas résolu avant de partir. Je m’étais entraînée une fois en montant et descendant les escaliers à Montmartre quatre fois de suite avec un sac à dos, mais je n’avais pas eu l’occasion de faire plus de cardio que cela. Je me demandais bien comment j’allais pouvoir gérer le dénivelé… Même si cela peut paraître minime, je crois bien qu’avoir passé un mois cet hiver en altitude, à 1700m, et à y randonner en raquettes et à pied a dû contribuer à mon adaptation rapide lors de ce trek.

Un autre point qui m’inquiétait beaucoup était le port d’un sac à dos pendant la randonnée. C’était quelque chose dont je ne me sentais pas capable et qui me faisait plutôt peur. En rando à la journée, j’ai toujours eu mon petit sac à dos, parfois très rempli, qui me tirait sur les épaules et sur le dos et je me demandais comment j’allais gérer cette douleur. Et bien, cela a été surprenamment facile (je vous en reparle plus bas), mais je crois qu’il ne faut pas sous-estimer le fait d’avoir un sac à dos adapté et d’avoir backpacké autour du monde pendant 5 ans non-stop. On a beau dire, mais se trimballer deux sacs à dos et entre 12 et 20 kilos de matériel sur le dos, au minimum une fois par semaine, parfois pendant une heure, dans les escaliers, sur les routes et dans les transports en commun… et bien ça forge les épaules et on s’habitue!

Pour finir, suite à des problèmes de santé divers et variés qui me sont tombée dessus durant l’été, j’ai décidé trois semaines avant le départ, d’arrêter de boire alcool et café et de continuer bien évidemment mon alimentation saine et végétarienne. Ajoutez à cela une routine et une hygiène de vie plutôt saine, avec sommeil régulier, eau, sport, lectures, méditation et j’espérais mettre toutes les chances de mon côté. Je pense que cela a également contribué à la réussite de ce trek.

Alors voilà, vous savez tout sur ma préparation physique assez peu orthodoxe pour ce trek en solo. Je suis une marcheuse aguerrie, mais une trekkeuse débutante en montagne et cela s’est très bien passé! Ou presque…

Jour 2 du Tour des Dents du Midi - Faire un trek en solo en Suisse: réflexions, préparatifs, introspection, récupération et bilan

Préparer un trek en solo: le sac à dos et l’équipement

Au-delà de la préparation physique et mentale, ainsi que de l’organisation de ce trek en solo dont je parlerai dans le prochain article, j’étais particulièrement préoccupée par l’organisation de mon sac à dos, n’ayant jamais eu à le faire pour ce type d’activités. Je me suis renseignée sur divers sites, j’ai racheté du matériel qui avait besoin d’être mis à jour (notamment mes chaussures de randonnée), je me suis équipée de bâtons et j’ai tenté de réduire au maximum le poids de mon sac. Cela n’a pas été évident, en sachant que je devais transporté du matériel informatique pour le blog, que j’étais seule et que je devais donc tout transporter moi-même et que les conditions météo prévoyaient des températures très chaudes et très froides, ainsi que de la pluie. Heureusement, je dormais en refuge et la nourriture était prise en charge, ce qui réduisait le matériel à transporter. Au final, j’avais au plus lourd, 12kg sur le dos, lorsqu’il y avait dans le sac l’eau, le pique-nique, les couches chaudes et l’appareil-photo. Cela peut paraître beaucoup, mais ce n’est finalement que 15% de mon poids, ce qui est le pourcentage recommandé et j’ai les épaules solides.

Sans entrer dans les détails de mon équipement, car je ne suis absolument pas experte, j’ai utilisé tous les objets de mon sac à dos, y compris ma trousse à pharmacie et ma genouillère et je suis très heureuse d’avoir été prévoyante. Je sais que j’ai amené trop de snacks (environ 500g), car la nourriture était vraiment abondante dans les refuges et les piques-niques fournis, mais la végétarienne que je suis ne pouvait que s’inquiéter des nutriments et vitamines et j’aurais sans doute pu me passer d’une paire de chaussettes et de quelques culottes, tout en étant aussi sale 🙂

Quoiqu’il en soit, sachez que les débutants emmènent souvent un sac à dos bien trop lourd pour eux lors de leur premier trek, et qu’il est important d’y faire attention avant de partir

La sécurité pendant un trek en solo

C’est un point que je souhaitais aborder rapidement, car vous êtes beaucoup à vous poser la question et que je ne souhaitais pas l’occulter. Il faut bien évidemment savoir que chaque terrain, chaque randonnée, chaque saison et chaque situation mènent à des conditions de sécurité et de préparation différentes.

Clairement, en Suisse, en été, sur un sentier plutôt fréquenté et sur un parcours bien indiqué, je n’avais pas beaucoup de questions de sécurité à prendre en compte. Je n’avais pas vraiment peur d’être suivie par un psychopathe serial-killer ou par un ours maniaque, mais je me faisais un devoir de surveiller les conditions météo et orageuses et de garder mon attention sur le chemin. Le risque de tomber ou de se blesser n’est pas plus élevé quand on randonne en solo, que quand lorsque l’on est à plusieurs (c’est même d’ailleurs sans doute inversement proportionnel), mais en cas d’accident, je n’aurais pu compter que sur moi-même ou un passant. Il était donc important pour moi d’avoir tout ce qu’il fallait côté pharmacie, un téléphone avec carte sim et GPS et batterie chargée en permanence et bien sûr, de prévenir une ou deux personnes de mon parcours et de mon planning, en sachant que les refuges m’attendaient tous les soirs. 

Pour le reste, comme souvent pour les questions de sécurité en voyage ou dans la vie de tous les jours, il s’agit souvent de juger de ses propres limites, de sa zone de confort, des risques que l’on est prêt à prendre pour vivre une expérience ou tout simplement pour vivre, des peurs irrationnelles ou rationnelles et de l’image que projette la société sur vous. Un peu comme les gens s’étonnent du fait que je voyage seule, tous les gens que j’ai rencontré m’ont dit que j’étais bien courageuse de faire ce trek en solo. Je ne sais pas si c’est parce que j’étais une femme ou bien parce que je ne correspondais pas à l’image typique de la sportive-aventurière, ou bien un mix des deux, mais c’était systématique. Et comme pour le voyage en solo, je ne pouvais que répondre que je trouvais ça plus courageux de partir à plusieurs…

Il y a évidemment la question de se perdre, mais sur ce tour, il faut être un sacré boulet pour se perdre (je me suis perdue deux fois…!), mais les conséquences ne sont jamais bien importantes et il n’est pas dit que l’on ne se perde pas à deux. Evidemment, en fonction de son parcours, il est important d’apprendre à lire une carte, de faire bien attention aux panneaux de signalisation, d’écouter son intuition et de ne pas changer d’itinéraire en cours de route.

Pour ce qui est de la faune, lors de ce tour, le danger ne vient pas forcément de là où l’on l’attend et il faut faire attention aux patous (chiens de berger) et troupeaux et aux vaches qui allaitent, mais quand on fait attention, quand on prend son temps et que l’on sait comment réagir, il n’y a pas de raison que cela se passe mal!

Des chevaux dans la Région des Dents du Midi - Faire un trek en solo en Suisse: réflexions, préparatifs, introspection, récupération et bilan

Je randonne en solo, depuis que je voyage et comme pour le voyage en solo, cela a toujours été pour moi une évidence. Je ne voyais pas de raison d’attendre un compagnon de randonnée qui ne viendrait jamais et de me priver de beaux sentiers. Alors évidemment, je me suis préparée, j’ai pris des précautions et j’ai toujours fait ça de manière rationnelle et réfléchie (sauf au Japon, où je ne m’attendais pas à rencontrer des ours….) et je l’ai toujours fait en fonction de mes limites et de mes capacités. Je me suis posée des questions au début, mais au fur et à mesure de ma progression, c’est devenu, comme toute activité en solo, absolument naturel. 

Je vous laisse découvrir ces différents points de vue sur la randonnée en solo au féminin et la sécurité, pour vous faire votre propre opinion.

N’oubliez pas, la nature est belle et généreuse et il faut beaucoup de confiance pour faire ce type de trek, mais il faut aussi la connaître et la respecter, et savoir que les environnements comme la montagne ne pardonnent pas facilement les erreurs.

Faire un trek en solo: développement personnel et introspection

En sachant très bien ce que la marche m’apportait au quotidien, je me doutais que ces 5 jours de marche seraient riches en enseignements, réflexions et apprentissages. Je n’ai pas été déçue.

Lorsque l’on part en trek en solo sur plusieurs jours, sur un chemin fréquenté ou non, il est évident que l’on s’attend (ou que l’on recherche) à la solitude, que l’on cherche à passer du temps avec soi-même, que l’on espère profiter de l’aspect méditatif de la marche en solo, que l’on souhaite faire le vide et faire le point et faire une pause dans le quotidien. Croyez-moi, c’est l’un des plus beaux cadeaux que vous puissiez vous faire, une fois que vous avez dépasser vos peurs et vos malaises! Cet aspect de ce trek en solo a dépassé toutes mes espérances et j’étais si bien, que j’aurais eu envie de continuer encore longtemps. La redescente en ville, puis le retour à la réalité a été compliqué. Mon esprit ne peut s’empêcher de voguer vers les montagnes, le silence et la solitude de mes pas sur les sentiers.

Jour 5 du Tour des Dents du Midi - Faire un trek en solo en Suisse: réflexions, préparatifs, introspection, récupération et bilan

Randonner en solo, c’est aussi une liberté incroyable. C’est s’écouter, écouter son corps et son esprit, répondre à ses besoins les plus primaires, avancer à son rythme, en fonction de ses envies et de ses besoins. C’est vivre chaque heure, chaque moment, dans la nature, sans regarder l’heure, loin du regard des autres et de la société, dans le silence, au coeur d’une nature merveilleuse et riche. C’est s’arrêter pour contempler un paysage ou un papillon. C’est marcher pas à pas, laisser ses réflexions défiler et son regard se perdre à l’horizon, c’est avancer à son rythme, manger quand on a faim, boire quand on a soif et s’arrêter quand le besoin d’une pause est nécessaire. A l’inverse de la randonnée à plusieurs (et à l’exception de quelques rares personnes qui se reconnaîtront), randonner en solo, c’est respecter son rythme et vivre pleinement sa lenteur. Lorsque je randonne avec d’autres, je suis toujours stressée, car je suis la plus lente et que l’on ne m’attend pas forcément ou pas assez et que je ne veux pas les ralentir. Et finalement, il n’y a pas de plus belle liberté selon moi que la randonnée en solo!

Randonner seule, c’est également l’occasion d’apprendre à se connaître de manière profonde, de connaître ses capacités, ses limites et sa zone de confort, d’apprendre à s’écouter, d’écouter son intuition et surtout de prendre confiance en soi. En avançant et en couvrant de la distance, en préparant son voyage et en étant responsable de soi, de sa sécurité et de sa santé et en prenant confiance peu à peu en son intuition, à cette voix au fond de nous qui veut notre bien. Chaque jour, je prenais de plus en plus confiance en moi et mes capacités, tout en connaissant évidemment mes limites et à la fin du trek, en terminant la boucle, c’est l’un des plus gros boost de confiance en moi que j’ai ressenti depuis de nombreuses années. J’avais accompli ça, toute seule, à la force de mes jambes! Faire un trek en solo, c’est faire preuve d’esprit d’initiative, de sens de l’orientation et de l’organisation, résoudre des problèmes au fur et à mesure qu’ils se présentent et ne compter que sur soi et sur l’aide des randonneurs sur le sentier et c’est se dépasser.

Randonner en solo est sans doute l’un des meilleurs exercices de méditation et de pleine conscience qui existe. C’est une excellente manière de se concentrer sur le moment présent, chaque jour, chaque instant, chaque pas, l’un après l’autre. A mon avis, on aurait tous besoin d’une petite dose de rando en solo dans notre quotidien…

L’importance de la récupération

La récupération est une notion sur laquelle j’étais tombée en faisant des recherches pour mes préparatifs pour ce trek en solo, et j’étais consciente, qu’au-delà de mon hygiène de vie avant et pendant le trek, c’était quelque chose de très important et j’ai décidé de faire au maximum pour ménager mon corps, avant, pendant et après ce trek.

Ma pharmacienne m’avait conseillé une cure de magnésium pour les courbatures. Je l’ai commencé quelques jours avant le trek et je l’ai poursuivi pendant toute la durée de la randonnée. Je ne sais pas quelle est la part due au magnésium, mais j’ai très peu souffert de courbatures, si ce n’est des mollets au Jour 4, lors de mon plus gros dénivelé, mais de manière toute relative et des cuisses, deux jours après le retour, en faisant du vélo, mais une fois encore de manière très modérée.

J’ai bu beaucoup d’eau, de thés, et de tisanes avant, pendant et après l’effort pour me réhydrater. J’essayais de boire toutes les demies-heures, ce qui n’était pas du tout évident sans camel pack et de bien me réhydrater en arrivant dans les refuges. 

Je faisais également des étirements une heure après mon arrivée, après avoir fait une petite marche dans les environs sans sac à dos. 

Pour ce qui est de la nourriture, je n’avais pas très faim pendant le trek, mais je faisais en sorte de manger toutes mes rations et quelques graines en plus pour me donner de l’énergie. Je sais que je n’ai pas mangé suffisamment, mais j’ai fait en sorte de toujours manger sain et j’ai évité la fondue et la raclette… Au retour, deux jours après, j’étais complètement affamée.

J’ai évidemment essayé de bien dormir, ce qui n’était pas toujours évident avec mes insomnies et les dortoirs, mais cela aurait pu être pire. Lors de ce trek, je me sentais en grande forme et pleine d’énergie, et ce jusqu’au matin du Jour 7, où je suis rentrée à Champéry en marche nordique rapide. Je crois que mon corps était en mode survie, mais les jours suivants (je crois que j’en sors à peine), j’étais absolument épuisée physiquement. A mon avis, mon corps a besoin de 6 jours pour se remettre de ces 6 jours de marche… Cela promet quand je vais me mettre à faire de la plus longue distance.

Le bilan de mon trek en solo en Suisse sur le Tour des Dents du Midi

J’aurais l’occasion de revenir sur le sujet dans le prochain article, mais ce trek en solo a été une expérience formidable sur bien des plans et l’une des plus belles choses que j’ai accomplie ces dernières années.

J’ai beaucoup appris sur moi et sur mes capacités. J’ai appris de belles leçons de vie, sur l’humilité, la force de la nature, le moment présent, la confiance en moi et mon intuition. J’ai eu l’impression d’accéder à une partie de moi que je ne connaissais pas et d’ouvrir une porte vers d’autres choses. 

C’était pour moi une belle conclusion à une année d’exploration intérieure, de recherches, de développement personnel et de connaissance de soi. Comme une manière de célébrer et de passer le diplôme de cette première année en quête de sens et à la recherche de soi, une transition vers le niveau supérieur.

Il faut sans doute beaucoup d’audace pour se lancer seule sur un trek en solo, peut-être une petite dose d’inconscience aussi, mais c’est la meilleure chose que j’ai faite cette année. Le premier pas était le plus difficile. Dès le second, j’étais prête à m’envoler. Sur les chemins de Suisse et du monde, et vers la connaissance de moi-même.

J'ai fini le Tour - Jour 6 du Tour des Dents du Midi - Faire un trek en solo en Suisse: réflexions, préparatifs, introspection, récupération et bilan

Je prévois un article complet sur le Tour des Dents du Midi cette semaine. Pour le moment, je vous laisse découvrir toutes les informations pratiques sur le site de l’association Le Tour des Dents du Midi

J’ai été l’invitée de la Région Dents du Midi et de l’Association Le Tour des Dents du Midi pour ce trek en solo. Je tiens à les remercier chaleureusement pour leur invitation, pour la confiance qu’ils m’ont accordée (avant que je ne l’accorde à moi-même!), pour leur accueil, leur aide et leur flexibilité. Comme toujours, toutes opinions et photographies me sont propres.


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