Quand ton blog de voyage a 7 ans et que tu blogues depuis 12 ans…

Mon blog voyage, Voyages et Vagabondages, fête ces 7 ans cette semaine et j’ai du mal à croire que le temps passe si vite. « Mon blog de voyage a 7 ans et je blogue depuis 12 ans! » Waouh, j’ai un peu de mal à m’en remettre. On parle de dinosaures de la blogosphère, de préhistoire du blogging et je crois bien que j’en fais partie aujourd’hui. J’aurais dû écrire cet article l’année dernière, mais en plein burnout, je n’en avais pas le courage. Aujourd’hui est le bon jour, puisque je suis remise et que je réfléchis activement au monde du blogging depuis des mois et au futur de Voyages et Vagabondages. Laissez-moi donc dresser le bilan de ces 12 années de blogging, vous conter mes réflexions actuelles, en tirer des leçons pour continuer d’avancer, car quelque chose me dit, que dinosaure ou pas, la fin de la route est encore loin!

Les débuts du blogging voyage: rétrospective

Je crée mon premier blog de voyage en 2006

Je ne fais pas partie des plus anciens blogueurs de voyage, c’est certain, mais j’ai créé mon premier blog de voyage en 2006, alors que je m’apprêtais à partir vivre une année d’études en Erasmus en Suède. Au hasard de la toile, j’étais tombée sur d’anciens étudiants qui racontaient leurs aventures sur un blog et j’avais trouvé que c’était une bien chouette idée. Amoureuse des mots, enthousiaste à l’idée de partager des aventures qui ne manqueraient pas d’arriver, je créais en quelques clics « Mes pérégrinations en Suède » (aujourd’hui supprimé, comme tous mes premiers blogs) sur Canalblog pour raconter mon voyage, ma vision de la Suède, mes grandes aventures et petites mésaventures, les soirées bien alcoolisées Erasmus et partager mes photos. Le blog était suivi par ma famille, mes amis et quelques étudiants et j’adorais partager ces moments à mes retours d’escapades. C’est d’ailleurs l’année où je me suis inscrite sur Facebook (la première année de son ouverture aux étudiants étrangers… là on peut dire que j’étais dans les premiers!) pour partager des photos et échanger avec mes amis étrangers, quelque soit l’endroit où nous nous trouvions sur la planète. Le blog et le suivant n’avait aucun filtre et je racontais tout au fil de mes envies.

Trois nouveaux blogs entre 2009 et 2011

En 2009, je reprends enfin la route et je pars en stage à Montréal au Canada, l’occasion de créer un autre blog de voyage, entièrement dédié à cette expatriation, dans le même esprit que le premier. Au retour, je me retrouve au chômage, coincée dans un petit village paumé, sans le sou et en mal d’échanges et de partages avec l’extérieur. Je crée alors « Breakfast at Lucie’s », un blog dédié à la littérature et à la lecture principalement, mais aussi au cinéma, à la lecture et à mes peu nombreux voyages. En 2010, je décroche un stage à Londres, l’occasion de créer un nouveau blog de voyage, dédié à Londres. Je mène de front ces deux blogs, essayant de combiner toutes mes passions, d’échanger et de partager avec le monde sur ces deux thématiques. « Breakfast at Lucie’s, » sans être un énorme blog à succès, tourne bien et je fais plusieurs partenariats avec des éditeurs pour pouvoir lire encore et toujours plus. Mon blog londonien est plutôt un flop et n’intéresse que ma famille, mes amis et les quelques lecteurs de « Breakfast at Lucie’s » intéressé par le voyage et la culture britannique.

Avril 2011: Voyages et Vagabondages est né

Alors que je signe mon contrat de traductrice à Londres, le premier jour de mon premier vrai emploi, je décide de partir faire le tour du monde trois ans plus tard. A l’époque, je lis déjà plusieurs blogs de voyage, de tour-du-mondistes ou d’expats, de ceux qui tâtonnent déjà pour en faire leur métier et gagner leur vie, de ceux qui voyagent et montrent que c’est possible de voyager à petit budget (il y a Sarah, Piotr, Adeline, Fabrice, Marie-Julie, Corinne et beaucoup d’autres qui ont aujourd’hui disparu). Pour des raisons professionnelles, je n’annonce pas que je compte partir en tour du monde, mais c’est dans cette optique que je crée Voyages et Vagabondages: pour raconter les préparatifs de mon tour du monde et ce voyage, mais également pour recouper mes deux passions (le voyage et la lecture) dans un seul et même blog et ne plus avoir à aller de l’un à l’autre comme une girouette. Même si je n’y connais rien techniquement, je souhaite le faire de manière sérieuse et « professionnelle » et j’achète donc un nom de domaine, me lance dans les joies de WordPress et du serveur mutualisé, j’essaye de travailler le design (mais qu’est-ce que c’était moche!) et d’écrire le plus souvent possible. Une chose est sûre, je ne manque pas d’enthousiasme et d’inspiration! Voyages et Vagabondages est alors le blog d’une expat’ à Londres, qui fait parfois quelques escapades au Royaume-Uni et en Europe, avec une grosse louche de culture (avec des lectures du monde et le Challenge Destination).

One New Change, Londres pas cher et sans se priver

L’histoire de Voyages et Vagabondages: un blog de voyage à la recherche de sa voix

Et voilà, Voyages et Vagabondages est né il y a sept ans un peu au hasard, un peu sur un coup de tête, avec beaucoup de rêves et d’ambitions.
Je galère techniquement parlant (retrouver les anniversaires du blog que j’ai fêté dans ces articles et ma vision à chaque époque : 7 mois, 1 an, 2 ans, 3 ans et 5 ans), je n’ai pas vraiment de stratégie, aucune connaissance en photo, marketing ou référencement web et pas vraiment l’envie de me plonger là-dedans. Voyages et Vagabondages a un secret et un départ en tour du monde de prévu, mais je ne peux pas en parler. Je n’imagine absolument pas pouvoir tenir ce blog sur la durée, vu mon passif en quelques années de blogging, mais j’espère au moins qu’il m’accompagnera dans mon tour du monde. Je suis passionnée, j’ai de grands rêves de voyage et d’écriture, mais pas vraiment de compétences ou l’envie de développer une stratégie sérieuse, alors que peu à peu naissent autour de moi des blogs sérieux, avec des stratégies claires. Je ne vis pas en France et je navigue dans le monde du blogging anglophone. Je suis la petite française sympathique que personne ne lit, ni ne prends vraiment au sérieux, mais je suis bien là. Je suis aux rencontres Travel Massive à Londres, je vais à mes premières conférences sur le blogging voyage à Brighton et à Rotterdam, j’apprends de nouvelles choses et je participe même à mon premier voyage de presse en Belgique, invitée à découvrir des festivals à travers la Flandre. Ma chance à l’époque était que j’étais la seule blogueuse française à participer à ces événements et à être toujours là. C’est comme cela que j’ai pu participer à l’une des premières éditions de Blogville et à faire ma place dans le monde du blogging anglophone. En France, personne ne me connaît et Voyages et Vagabondages ne grandit pas vraiment.
Tout change lorsque j’annonce mon tour du monde et que je pars en voyage. C’est en voyageant que mon blog est devenu intéressant, que j’ai trouvé ma voix (et ma voie sans doute aussi) et c’est plus que naturel. Plus de secret, je voyage et partage passionnément mes découvertes autour de la planète pendant 15 mois et au vu des questions que les lecteurs et lectrices me posent, je parle de plus en plus de voyage en solo, qui devient vite mon mode de vie et mon cheval de bataille, et ce encore aujourd’hui. Tour du monde, aventures (oui, j’ai un petit péché mignon pour l’adrénaline) et voyage en solo seront alors le coeur de ma ligne éditoriale. Toutefois au fil du temps, on change, notre manière de voyager également et le blog évolue toujours avec moi et celle que je suis.
Bêtisier tour du monde, Voyages et Vagabondages
Au retour de mon tour du monde, alors que j’ai déjà lancé mon auto-entreprise depuis deux ans, je décide de devenir freelance et nomade, en tant que traductrice et blogueuse de voyage. C’était en 2015. Le blog se concentre alors toujours sur les mêmes thématiques, en ajoutant celle du nomadisme et du voyage au long cours. Je deviens donc nomade, pars vivre en Argentine (grâce à un PVT), puis au Japon et en Thaïlande. Ce n’est qu’en 2016 que j’admets être devenue blogueuse de voyage professionnelle, une profession qui passe devant la traduction, même si je ne lâche pas cette casquette et que j’en ai attrapé beaucoup d’autres en cours de route.
Aujourd’hui Voyages et Vagabondages fête ses 7 ans et j’ai l’impression, que comme moi, il a vécu 1 000 vies et que mille autres aventures l’attendent au détour de la route. Aujourd’hui, les thématiques sont les mêmes, même si d’autres vont s’ajouter au fil des mois (je vous en parle plus bas et plus en détails rapidement, promis), mais une chose est certaine, c’est la passion du voyage et du partage et les échanges avec vous, chers amis lecteurs et lectrices, qui l’ont fait tenir debout si longtemps. Sans cela, sans la passion et sans vous, cela n’aurait tout simplement aucun sens. Alors tout simplement, merci. 7 ans dans une vie c’est long. 7 ans sur la toile, c’est une éternité. 12 ans encore plus. Alors, je crois qu’il est normal de se poser des questions, d’avoir des doutes, de remettre en cause certaines choses et d’apprendre de ses erreurs ou mauvaises orientations. Le chemin d’un blog est semé d’embûches, nous avons créé un métier qui n’existait pas et l’histoire du blogging de voyage est encore toute jeune et à ses prémices, mais pouvoir avoir du recul et dresser un bilan de ces 12 dernières années de blogging me paraît intéressant et j’espère que vous aussi lecteurs vous y trouverez matière à réflexion, sous la forme d’un aperçu des coulisses du monde du blogging et de la vie nomade, car tout n’est pas tout rose, tout n’est pas fait de cocotiers, de bisounours, et de mojitos sur la plage. Même si heureusement, il y a de ça aussi!

Pour en savoir plus sur ma vision du blogging, savoir comment je suis devenue blogueuse de voyage professionnelle et découvrir tous mes conseils, lisez cet article!

La passion du voyage envers et contre tout

S’il y a une chose qui a été au coeur de ces douze ans de blogging, ça a été la passion. La passion du voyage, la passion de l’échange, la passion de l’écriture, des rencontres et celle du blogging, par dessus tout et envers et contre tout. C’est pour elle que j’ai créé mes différents blogs, c’est pour et par elle que j’ai créé ce blog de voyage, que je continue et que je continuerai, malgré les doutes, les échecs et les erreurs. C’est pour cela que j’aime ce métier et que je continue d’avancer. Qui a la chance de vivre de sa passion et se lever chaque jour sans rechigner pour travailler et créer le métier de ses rêves? Pas grand monde je crois!

Alors oui, je suis tout à fait consciente (je suis un peu sortie de ma naïveté) que certains blogs créés avant tout pour gagner de l’argent et en faire un métier ont du succès aujourd’hui et perdureront au fil des ans, mais derrière ces blogs, vous retrouvez des passionnés du voyage avant tout et pas des gens qui veulent gagner des millions, devenir célèbres ou avoir des vacances gratuites. Ceux-là tombent souvent ou tomberont au fil des ans, face à la réalité du marché.

Je suis de nulle part: identité et nomadisme

S’il n’y avait pas de passion, j’aurais arrêté depuis longtemps, car non je ne suis pas riche (bien loin de là, je galère beaucoup), la gloire… (hm hm n’en parlons même pas) et je n’ai pas pris de vacances depuis que j’ai quitté mon emploi salarié! On ne vous cache plus les coulisses du blogging voyage, ce n’est pas la vie de rêve sous les cocotiers que certains vous vendent! C’est ma vie rêvée, mais cela ne convient pas à tous.

Par ailleurs, parfois la passion du voyage, l’originalité, l’authenticité et l’éthique peuvent être un frein au développement, car ce que l’on fait n’est pas assez commercial, n’est pas assez mainstream, bankable ou dans les clous. On ne devient pas une blogueuse riche et célèbre avec un énorme trafic sur son blog voyage en courant au hasard des montagnes japonaises (par contre, on manque de se faire bouffer par un ours), en parlant politique (par contre on se prend tous les haters du monde), en montrant le côté négatif du voyage ou d’une destination (cela ne fait pas toujours rêver), en ayant une éthique bien tranchée (au moins je peux me regarder dans le miroir), en refusant d’écrire des TOP 10 (au moins, je trouve mes articles bien plus amusants à écrire… comme celui-ci) ou en écrivant des articles aussi longs qu’un court roman (par contre, on échange avec des lecteurs amoureux des mots et de l’écriture!)…

Référencement, Google et contenu

N’hésitez pas à me dire si je vous perds complètement en commentaire sur ce sujet ou un autre, et je me ferai un plaisir de répondre à toutes vos questions techniques ou non (dans la limite de mes capacités et connaissances bien évidemment). Le SEO et le référencement, de manière simplifiée, est en fait ce qui permet de se retrouver en première page de Google ou même tout en haut de la page (en dessous des pubs bien évidemment). Je n’ai jamais vraiment rien compris à tout cela et n’ai jamais vraiment rien fait pour améliorer mon référencement non plus. Si j’atterrissais en première page de Google (au hasard ou parce que personne n’avait encore écrit sur le sujet en français), tant mieux, sinon ce n’était pas bien grave. Mon trafic venait principalement des réseaux sociaux de toute façon et d’une communauté fidèle, régulière et engagée. Sauf qu’avec entre 10 000 et 20 000 visiteurs uniques par mois, le blog restait constant, mais ne décollait pas et se retrouvait petit à petit derrière de nouveaux blogueurs qui maîtrisait bien mieux que moi les techniques SEO et marketing. Vous allez me dire, si c’est un hobby ce n’est pas bien grave, mais j’étais alors en phase de professionnalisation du blog et sans un nombre de visiteurs suffisant et croissant, j’allais droit dans le mur. Et j’étais plutôt contrariée que certains de mes meilleurs articles disparaissent dans les tréfonds de la toile…

En 2016 et 2017, j’ai eu la chance d’assister à deux conférences vraiment intéressantes et utiles sur le SEO, qui m’ont fait comprendre que je n’avais pas besoin d’écrire des TOP 10 et du contenu facile en plaçant tous les mots clés du monde, que je n’avais pas besoin de tronquer mon style d’écriture pour être bien placée sur Google, que je n’avais pas besoin de rentrer dans des cases et que je pouvais faire quelques petites choses simples, sans essayer de truquer le système. Ce constat et le changement d’algorithme de Google de 2017 (avec la mise en avant de bons contenus, longs et intéressants) m’ont permis de recevoir le boost dont j’avais besoin et de récompenser mes années de travail, en doublant, puis triplant, mon trafic en moins d’un an. Non, même si on me l’a déjà demandé, je n’ai pas trouvé la formule magique ou une recette secrète du SEO. Ma force était mon contenu, mon écriture (et les plus de 500 articles que comptabilisaient le blog) et ma communauté relativement importante et engagée sur les réseaux sociaux. Heureusement, parce qu’après des mois et des années de résistance aux algorithmes menaçants des réseaux sociaux, les miens s’effondraient.

Réseaux sociaux, communauté, instantanéité et uniformisation

Les réseaux sociaux et moi on a une bien drôle d’histoire. Early-adopter par la force des choses pour Facebook, je me suis mise bien en retard sur tous les autres, à part Snapchat qui m’avait tout de suite convaincue pour son authenticité. Mon utilisation des réseaux sociaux, tout comme la technologie est assez paradoxale. Je n’ai eu mon premier smartphone que pour bloguer en tour du monde, mais je n’ai jamais été une grande addict du téléphone. Je suis toujours sur l’ordi, mais j’oublie mon téléphone. J’ai d’ailleurs désactivé les notifications sur le téléphone et cela ne me dérange absolument pas (des distractions en moins!). Par contre, même si je connais bien évidemment toutes les dérives et problèmes de Facebook depuis le début, pour moi cela a toujours été un formidable outil que j’ai adoré: pour garder le contact avec mes amis, pour parler avec vous chers lecteurs, pour construire une communauté et des forums (avec les groupes), pour apprendre de nouvelles choses, comme feed pour lire les blogs et les pages qui m’intéressaient, pour multiplier le pouvoir du bouche à oreille, etc. C’est d’ailleurs sur Facebook que j’ai trouvé mes premiers postes de housesitter en Argentine!

J’aime beaucoup Twitter, mais je n’y suis pas accro. Instagram n’a commencé à me plaire vraiment que depuis l’arrivée des stories. Pinterest me plaît beaucoup par contre, mais ça vous le savez déjà! J’ai tout de suite aimé Snapchat, car c’était un contact direct avec vous et un partage de la vraie vie, du voyage authentique, et pas d’une version lissée et uniformisée comme on le voit de plus en plus sur sur Instagram et Facebook. Sauf qu’après un harcèlement de plusieurs mois, j’ai fait une pause Snapchat et depuis, cela n’a plus jamais vraiment été pareil. Et puis Facebook, de changements d’algorithmes en changements, m’a complètement perdue, dans mon usage personnel et professionnel. Vidéos, pub, contenus matraqués et inintéressants, je ne fais plus défiler mon fil Facebook qui n’est rien de plus que de la perte de temps. Le reach des pages Facebook a été tué et j’ai perdu mon trafic d’une page que je construisais depuis 7 ans. Seuls les groupes demeurent aujourd’hui intéressants à usage personnel et professionnel, à moins de suivre les règles de Facebook à la lettre et de payer, ce qui ne m’intéresse absolument pas. Mais plus que tout, avec ces changements d’algorithme, la perte de Snapchat et de Facebook, j’ai perdu un gros lien avec vous, avec ma communauté et je ne sais plus comment le retrouver. Vous commentez de moins en moins sur le blog (je comprends, les usages changent) et j’ai parfois l’impression de parler toute seule, de ne plus trouver l’échange que j’aimais dans le blogging. Certes, il y a toujours Instagram, mais Instagram dérive de plus en plus et il y a énormément de choses qui ne me plaisent pas sur ce réseau. Je cherche une solution pour que l’on puisse recréer ensemble ce lien. Pour le moment, cela passe par la newsletter (inscrivez-vous par ici) et par ce forum Facebook que j’ai créé la semaine dernière, avec la vocation que cela reste un groupe intimiste, une véritable communauté. J’ai l’idée de faire un vrai forum ou de me lancer dans Patreon, mais c’est sur ma longue liste de choses à faire. Si vous avez d’autres idées ou des suggestions, n’hésitez pas.

Voyages et Vagabondages a 7 ans et un nouveau logo - Blog voyage - Bilan après 7 ans de blog voyage et 12 ans de blogging - Rétrospective, leçons et réflexions

Dans mon usage personnel et professionnel, je me détache de plus en plus des réseaux sociaux, en raison de toutes les dérives qui en découlent. Vous avez sans doute l’impression d’entendre une vieille conne. J’ai toujours HAÏ la télévision, car ce n’était pas du contenu choisi, mais plus du contenu balancé à nos figures, sans queue ni tête, avec toutes les dérives que cela peut avoir. Pour moi la révolution Internet signifiait que j’avais le choix, que je pouvais avoir accès à la culture du monde entier, à de l’information variée et objective, lire plusieurs sources et être moins influencée dans un sens ou dans l’autre, mais de me faire ma propre opinion. Sauf que les changements actuels, les monopoles de Facebook et Google sont dangereux et que je préfère en prendre mes distances et continuer à choisir quel contenu je consomme, quand et de la manière que je le souhaite, tant que je le peux.

Instagram pour moi, représente cette uniformisation et cette standardisation, ce contenu matraqué et publicitaire, ce trop-plein de contenu, consommé en quelques secondes et jeté quelques secondes après. Qui se souvient de cette photo de magnifique plage postée il y a quelques jours, quelques mois? Personne. Elle pourrait être en France, au Japon ou en Patagonie, c’est la même chose et ça me rend dingue. Qui est cette blonde parfaite habillée de jaune et de marques sur un fond de montagne splendide, mais anonyme? Cela a-t-il de l’importance, tant que cela fait rêver et sortir du quotidien? Contenu consommé, jeté, englouti, acheté, vendu…. qui s’en préoccupe? Heureusement, il est toujours possible de faire quelque chose de différent, de raconter des histoires, de se démarquer, d’utiliser ces réseaux à bon escient. #metoo en est un bon exemple. Ou bien cette photo, où je me suis littéralement mise à nue sur Instagram, bourrelets compris, qui est à ce jour mon meilleur Instagram et post sur les réseaux sociaux (en termes de chiffres et de sens). Mais l’on ne vit pas de likes et d’onsen, ça se saurait!

#MySkinMyFreedom J’ai beaucoup hésité à publier cette photo. Non pas que je sois pudique ou complexée. Non, plutôt parce que j’ai été conditionnée par notre société pour me cacher et avoir honte. Pourtant, je trouve cette photo, prise par mon amie @avrilcutecrap magnifique et touchante. Un homme de dos sur cette photo choquerait beaucoup moins. Cette photo est belle, le symbole d’un moment de liberté et de lâcher prise, face à la mer, aux embruns, les papillons tourbillonnant autour de moi. La culture de l’onsen est très présente au #Japon, et j’adore ce moments relaxants, libres, reposants et salvateurs, dans des bains chauds, à discuter avec des amies, à profiter du moment présent, de la vue et des couchers de soleil. Vue sur mer ou sur montagne, onsen privés ou collectifs, onsen de village ou grand complexe, je chéris ces moments simples et authentiques sans arrière-pensée, jugements ou complexes. Cela me rappelle ce sauna en Laponie Suédoise, où nous faisions une bataille de boules de neige, voyageurs nus par un froid soir de janvier. Je revendique le droit de poster cette photo pour la beauté du moment, pour vous parler de l’onsen Japonais dans toute sa simplicité, le droit de montrer un petit bout de peau, sans être objectifiée, pour vous montrer, comme toujours, le voyage dans son intégralité, sans tabous. Je sais que les commentaires non voulus vont vite arriver. Mais vous savez quoi ? J’ai déjà reçu des demandes en mariage, des commentaires non-sollicités, des insultes, des messages et des photos obscènes, des messages d’homme voulant voyager avec moi pour m’aider à ne plus être seule, sans avoir rien demandé, sans avoir rien fait. Sur Internet ou dans la rue, je me fais souvent harcelée, comme beaucoup de femmes, comme presque toutes les femmes. Parce que je suis une femme qui voyage seule et écrit sur le sujet, parce que je suis une femme. Ces commentaires ne m’atteignent plus, ils me font rire de par leur stupidité, même si je rage intérieurement que l’on n’ait pas plus évolué que cela en 2017. Je revendique ce droit de montrer ces bouts de peau, même si cela dérange. Pour la beauté du moment, pour cette jolie photo, pour ma liberté, pour notre lib

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Quelle est la légitimité de Voyages et Vagabondages dans tout cela?

D’où ma crisis of faith, ma crise de conscience et de légitimité. C’est le syndrome de l’imposteur qui ressort! Dans un monde où le voyage est devenu la norme, où tout un chacun peut devenir blogueur et où chacun partage ses aventures sur les réseaux sociaux, où le tour du monde est un passage obligatoire, où Airbnb, bateaux de croisière, nomades digitaux et tourisme de masse ruinent des territoires et des cultures, où l’ultra-consommation touche le voyage, où les problématiques environnementales sont (ou devraient être au coeur de nos vies), comment puis-je continuer à bloguer en toute impunité? En quoi suis-je légitime pour vous dire où aller, que visiter, que voir et que faire, quoi manger? Pourquoi moi plutôt qu’une autre, puisque nous sommes déjà des milliers à le faire? Pourquoi ne pas laisser la place à quelqu’un de plus jeune et de moins rabat-joie? Qui est-ce que j’aide vraiment? Pourquoi produire toujours plus de contenu?

Mais à l’opposé, pourquoi arrêter d’écrire et de partager quand c’est ce que j’aime faire le plus au monde (en dehors de voyage, mais tout est lié pour moi!). Face à ce flot constant d’informations, cette sur-information, cette surenchère, cette uniformisation et standardisation des contenus, des images et des blogs, comment trouver ma place et me convaincre moi-même de ma légitimité? Le travail sur moi-même n’est pas terminé, mais je me suis rappelée d’une chose très importante, essentielle même. Chaque blog est une voix. Derrière chaque blog il y a un blogueur ou une blogueuse ou plusieurs, et chacun a sa place pour partager sa vision du monde et des choses, surtout s’il peut aider quelqu’un, même juste une seule personne sur une question définie ou simplement faire rêver. Si ce contenu permanent, criard et standardisé me fait peur, c’est plus que jamais le moment d’être différent, d’être original, de se démarquer, par sa plume, les destinations présentées et sa vision des choses. Il est important que, parmi le bruit et le chaos, des voix authentiques, originales et transparentes continuent d’exister. Certes, je ne ferai jamais du mainstream et la gloire ne m’attend pas au tournant, mais même si je me sens parfois seule face à mon écran, j’ai une voix, j’aide beaucoup d’entre vous et je sais que vous êtes là, à me soutenir depuis des années et je ne peux vous laisser tomber. Mais avec cette prise de conscience que j’ai ma place dans la blogosphère voyage, avec l’augmentation des visites sur le blog, avec la réalisation que vous m’écoutez et suivez mes conseils, vient une responsabilité qu’il est plus que jamais important de prendre en compte.

La responsabilité et l’éthique du blogueur de voyage

En tant que personnage public (dans une certaine mesure, je vous l’accorde), en tant que blogueur accueillant plusieurs milliers de personnes sur son blog chaque mois, nous avons une responsabilité et nous ne pouvons nous en dédouaner ou balayer la problématique.

Loin de moi d’accuser qui que ce soit de mauvaises pratiques ou de manque de responsabilité, de pointer du doigt tel ou tel blogueur. Chacun se doit d’être responsable de soi-même et de son contenu et rien ne sert de se tirer dans les pattes. Le but de se texte est d’ouvrir la discussion et d’avancer ensemble. Je suis quelqu’un de très intransigeant avec moi-même et par extension avec les autres, mais d’abord et avant tout avec moi-même. Si quelqu’un fait n’importe quoi dans le blogging, cela ne me regarde pas. J’ai bien autre chose à faire que de m’y attarder et je suis trop souvent naïve pour voir les problèmes ou la tricherie. Quoiqu’il en soit, je pense qu’il est important que les lecteurs soient conscients de toutes les problématiques, choisissent en connaissance de cause et se posent les bonnes questions.

Un moine lors du festival des lanternes à Chiang Mai - Visiter Chiang Mai : le guide pratique ultime du voyage lent et nomade à Chiang Mai en Thaïlande

Avant d’être blogueuse de voyage, je suis voyageuse. Je suis voyageuse avant tout et c’est ce point de vue authentique que vous retrouvez dans mes articles de blog. Bien évidemment, personne n’est parfait et je suis moi aussi à une époque tombée dans le travers de trop de voyages de presse et de blogueurs et de trop d’activités gratuites. Cela n’a pas duré. Par contre, invitée sur un voyage de presse ou non, invitée dans un hôtel ou pas, rémunérée ou non, je vous ai toujours dit la vérité, les pours et les contres. J’ai toujours partagé mon point de vue de voyageuse avec vous, avec les avantages et les inconvénients d’un lieu, d’une activité ou d’une destination. J’ai toujours essayé d’ouvrir le débat sur les thématiques politiques (sur Trump et le Brexit entre autres choses), j’ai toujours mentionné les choses qui fâchent, car non rien n’est parfait, et il est important de voyager en ayant conscience de notre environnement, de notre impact sur les sociétés, de la politique et de l’actualité (j’ai fait des études de sciences politiques et je suis encore plus passionnée depuis que je voyage). J’étais par exemple invitée en voyage de presse à Dubaï, ce qui ne m’a pas empêchée de parler ouvertement des problématiques de Dubaï. J’ai été invitée dans une auberge de jeunesse à New-York et j’ai mentionné le rat mort que j’y avais trouvé. Ce ne sont que deux exemples, pour vous montrer que l’on ne m’achète pas, ni mon silence. Adventurous Kate a la même vision des choses et c’est rare et je la respecte beaucoup pour cela. Je considère que vous, lecteurs et lectrices êtes assez intelligents pour peser le pour et le contre des choses et prendre vos propres décisions, mais je considère aussi que mon rôle est de lancer la discussion. Le voyage authentique, le vrai voyage avec ses galères et ses mésaventures, c’est ce dont je parle ici. Pas de poudre aux yeux, pas de paillettes pour vous aveugler, ce que vous lisez est ce que j’ai vu et vécu et le fruit de mes réflexions et recherches.

De la même manière, je signale toujours lorsque j’ai été invitée et que j’ai reçu une invitation, une réduction ou une gratuité. Je me dit que je suis un peu « conne » parfois, parce que ce n’est pas tous les blogueurs qui le font, ni même les journalistes ou les guides de voyage (même si ces derniers se posent parfois comme au-dessus de nous, mais ça c’est une autre histoire…). Dans la même lignée, je refuse quasiment systématiquement les voyages de presse aujourd’hui, sauf exception et ce plusieurs fois par semaine. Je leur préfère des projets en individuel, construits par moi, autour de mon blog, de ma personnalité et de ma ligne éditoriale. Et encore, ces projets sont plutôt rares et je paye quasiment tous mes voyages pour plus de liberté et tout simplement parce que peu de destinations seraient sans doute prêts à me payer pour aller garder des chats dans un appartement, faire du stop, marcher au hasard des mes envies et pendant des mois et parce que je suis sans doute un peu trop sauvage et imprévisible pour certains. L’authenticité et la transparence a un prix et peu faire peur. Pourtant des projets, j’en fais quelques-uns, mais ils sont soigneusement sélectionnés. Souvent, je reste plus longtemps dans le pays ou la ville pour m’imprégner plus des lieux. D’autre fois, j’y retourne encore et encore, car j’aime ces retours et ces redécouvertes. Loin de moi de me justifier devant vous de pouvoir gagner de l’argent avec mon blog (avec tout le contenu produit depuis toutes ces années et tout le travail fourni, cela me paraît normal), mais je souhaitais mettre les choses à plat une bonne fois pour toutes. Non, personne n’a acheté et n’achètera jamais ma plume. Ma liberté éditoriale et de voyageuse sont mes boussoles et mes ancres.

Au-delà de cela, je refuse de nombreuses propositions de rendez-vous et de campagnes avec des offices de tourisme avec lesquels je ne veux pas travailler, car j’aurai peur d’être un outil de propagande. Ce sont des lieux où j’ai été ou j’irai librement comme voyageuse (ou en voyage de presse simple, SI et seulement SI j’ai du temps libre pour explorer par moi-même et la garantie de pouvoir écrire ce que je veux, comme à Dubaï), mais dont je ne pourrais jamais accepté plus que cela. Cette année j’ai par exemple refuser de rencontrer les offices de tourisme d’Israël, de la Chine, de la Birmanie et je n’ai aucun regret. Je ne veux pas être un outil de propagande et ayant voyagé par mes propres moyens en Chine et en Birmanie, je suis très heureuse d’avoir pu voir le pays en indépendante et de me faire ma propre opinion. Ce sont les limites que je me suis définie avec moi-même de manière professionnelle, tout comme personnellement, je refuse de me rendre en Corée du Nord ou aux Maldives, car je ne pourrais pas discuter librement avec la population (j’explique tout cela dans cet article).

Au-delà d’une responsabilité politique, morale et éthique, je pense que les blogueurs, influenceurs et journalistes ont une responsabilité environnementale et un rôle à jouer contre le tourisme de masse. Je ne critiquerai jamais ceux qui vont voir la Tour Eiffel ou Venise et je vais bien sûr aussi visiter les monuments importants, mais avec ce blog je veux vous montrer des destinations un peu différentes, d’autres choses à voir, d’autres sentiers à parcourir, d’autres manières de voyager, respectueuses de l’environnement et des populations. Je ne suis pas parfaite, j’ai fait de belles conneries dans ma vie de voyageuse, mais j’apprends et je me « conscientise » et je vous parlerai de plus en plus de tout cela sur le blog (végétarisme, slow travel, écologie, minimalisme et plus…). On fait tous des compromis, d’une manière ou d’une autre, parce qu’il faut bien vivre et survivre, mais je ne suis pas prête à faire tous les compromis. Prendre l’avion quatre fois par mois ou plus, accepter des campagnes douteuses pour l’argent (non, je ne bosserai jamais pour Nutella ou Coca-Cola par exemple), me transformer en panneau publicitaire, arrêter le slow travel et les voyages au long cours pour gagner plus d’argent… cela ne me ressemble tout simplement pas! Des compromis, j’en fait bien sûr, parce que sinon, je serai encore dans les rues de Tokyo sans le sou (il faudra que je vous raconte cette aventure un jour!), mais dans la mesure de ce que je suis prête à accepter et que je puisse le compenser par d’autres actions au quotidien. Je veux pouvoir me regarder dans un miroir et savoir que par ce blog, j’ai un impact positif. Par exemple, vaut-il mieux ne pas parler d’une thématique et se taire ou utiliser mon « influence » et parler d’un problème (cf mon article sur l’Antarctique)? C’est une vraie question, dont je n’ai pas encore la réponse.

Voilà comment j’ai retrouvé ma légitimité, ma place dans la blogosphère et ma voix (voie).

Course aux likes, tricherie et humilité

Saviez-vous que des blogueurs achètent des likes et des abonnés? Saviez-vous que certains influenceurs trichent, mentent, plagient et volent sans scrupule? Je ne suis pas trop cela et cela ne m’atteint pas vraiment je dois dire, mais je voulais vous prévenir que cela existe et que c’est bien plus fréquent qu’on ne le pense. Par curiosité, j’avais testé un système d’automatisation de follow-nofollow sur Twitter il y a des années et j’avais abandonné cela au bout de quelques heures. C’est creux, c’est ennuyeux et c’est faux. Certes, je passe sans doute à côté de beaucoup de contrats, parce que les chiffres ne suivent pas toujours, mais cela ne m’intéresse pas.

Dans mon appartement à Chiang Mai - Visiter Chiang Mai : le guide pratique ultime du voyage lent et nomade à Chiang Mai en Thaïlande

Oui, vos likes sont importants et grâce à vous et vos likes, vos commentaires, j’obtiens une meilleure visibilité et la possibilité de travailler avec des nouveaux partenaires, mais le jour où il a fallu adapter son contenu pour obtenir plus de likes est le jour où je me suis complètement désintéressée de la course, pour me concentrer sur ce qui compte et ce sur quoi je suis douée: l’écriture, raconter des histoires, transmettre une passion, aborder des thématiques un peu taboues, Pinterest, produire du contenu sur le long-terme, les conseils pratiques… Non, je ne suis vraiment pas douée en photographie et en vidéo, non je n’ai pas l’âme d’une marketeuse, et je n’ai pas le temps de former pour le moment, donc non, je n’attirerai pas les foules et les likes aujourd’hui, mais ce n’est pas grave. J’apprends petit à petit à déléguer ce que je ne sais pas faire (merci à Karl qui me sauve techniquement parlant depuis plusieurs mois et sans qui j’aurais bien galéré ces derniers mois et à Corinne qui a créé le premier logo du blog, 7 ans plus tard!), à me recentrer sur ce que j’aime et ce que je sais faire et à accepter que je ne sais pas tout faire et que je n’excellerai jamais dans certains domaines.

Logo Voyages et Vagabondages - Blog voyage en solo et au féminin

J’apprends tout simplement à me connaître en tant que blogueuse et voyageuse, à savoir ce que j’accepte ou non et quel chemin prendre dans le futur.

Burnout, nomadisme et slow travel

Sortons un peu du domaine du blogging maintenant. Voyages et Vagabondages a toujours été spécialisé sur les voyages au long cours. Erasmus, stages à l’étranger, volontariats, expatriations, tour du monde, PVT, nomadisme… c’est ce qui me fait vibrer et ma manière préférée de voyager. Je ne suis pas trop de celle qui aime faire des escapades d’un week-end ou d’une semaine. J’ai toujours préféré le voyage lent, plus en profondeur, plus en accord avec moi-même, mon équilibre et mes valeurs. Si je n’ai pas trop de temps, j’aime retourner dans des destinations connues pour approfondir un lieu et mieux connaître une culture. C’est pour cela que vous me verrez tout le temps fourrée au Royaume-Uni, en Italie, en Patagonie ou au Japon. C’est aussi pour cela que je n’ai encore jamais mis les pieds à Rome, Prague ou Barcelone.

Café Ombra à Chiang Mai - Visiter Chiang Mai : le guide pratique ultime du voyage lent et nomade à Chiang Mai en Thaïlande

L’année dernière, suite à mon burnout, j’ai décidé de quitter le Japon trois mois plus tôt que prévu, partir plus en freestyle, m’écouter et suivre le vent. J’ai décidé d’annuler les projets de successions de PVT qui s’alignaient devant moi avant mes 32 ans. J’ai décidé de ne plus avoir de projets globaux et de voyager de-ci, de-là, au gré de mes envies. Sauf que j’avais oublié que cela ne me correspond pas vraiment et que j’ai besoin de projets, de voyages au long-cours et d’une direction générale. Cela peut simplement vouloir dire se concentrer sur une région du monde ou sur une thématique particulière, mais j’ai besoin d’une orientation. J’ai aussi besoin de repos et d’une base depuis le burnout et depuis des mois. J’ai aussi besoin d’être en Europe pour développer de nouveaux projets et enfin finir d’écrire mes livres. J’ai besoin d’économiser des sous et de préparer pas mal de choses pour mon Projet Panaméricaine que j’aimerais concrétiser d’ici deux à trois ans. Il m’a fallu revoir mes priorités, me battre avec moi-même, avoir de longs débats de pours et de contres dans ma tête (ils sont encore en cours, vous me commencez à me connaître!), il m’a fallu aller contre moi-même, mais… j’ai décidé de prendre une base en France à l’automne…

Je l’avais vaguement mentionné sur Instagram récemment et c’est vraiment une décision compliquée pour moi, car je n’ai pas vraiment vécu en France depuis huit ans, que je n’ai jamais eu la vie responsable et adulte en France, que j’ai été très détachée et distante de mon pays toutes ces années et que je ne sais pas si c’est financièrement faisable et que je ne sais pas s’y je m’y sentirai bien, ni où aller vivre. Quoiqu’il en soit, même si je ne fais ça que deux ou trois mois et que je repars car cela ne me convient pas, ce n’est pas bien grave!

Suivez @vienomade, l’auteure de cette superbe photo! —– En rentrant des courses aujourd’hui, en respirant ce drôle de mélange de l’air frais de l’hiver qui s’attarde, de celui d’un coucher de soleil printanier et de celui si distinctif du sud de la France, j’ai pris une décision importante. —– Je ne peux en dire plus, car je veux encore m’assurer que je suis en accord avec moi-même et que j’en suis bel et bien sûre, mais j’avais besoin de partager ce moment avec vous, comme pour le rendre plus réel. —– Depuis que je voyage, je dois souvent prendre des décisions qui changent ma vie. Elles me tiraillent pendant des jours, des mois parfois, perturbant mon sommeil. Et puis, quelques temps plus tard, c’est le déclic; j’admets enfin qu’il n’y a pas de mauvais choix, je suis mon instinct et je me répète que l’important est d’être heureuse et que je ne crois de toute façon pas aux regrets. —– C’est une de ces décisions que j’ai prise ce soir. La solution était sous mon nez depuis des mois, mais je n’étais pas prête à l’admettre, car elle était presque contre-nature. On en reparlera… —– Suivez votre instinct! Oui, nous sommes la somme de nos choix, mais si vous prenez une mauvaise décision, il y a de fortes chances que vous puissiez revenir en arrière et que rien ne soit définitif. Alors êtes-vous toujours sûr de vos choix ou toujours tiraillés dans tous les sens? —– #voyage #Thailande #bangkok #bangkoltreehouse #décision #schizophrénie #choix #nomade #nomadisme #femaledigitalnomads #digitalnomadgirls #digitalnomad #nomadlife

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Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas la fin de Voyages et Vagabondages ou du nomadisme pour autant. Mes envies d’évasion et de voyage sont bien trop grandes, mais si je veux concrétiser le projet Panaméricaine, il faut que je fasse des compromis. Je deviens donc nomade en mon pays et dans mon continent, ou location independent, comme on appelle cela en anglais (si je ne change pas d’avis d’ici l’automne!). Il va juste falloir que je trouve comment équilibrer mes finances en ayant une base et en continuant de voyager souvent et longtemps (d’ailleurs, si vous avez des plans de sous-location, je suis preneuse!).

Mais c’est bien beau tout cela, mais le prochain projet (la Panaméricaine), c’est pour dans deux ou trois ans? Et quelle direction prendre en attendant? Dans les mois et années à venir, je veux me concentrer sur les randonnées, treks et voyages à pied au long cours. Cela a été repoussé avec ma blessure au dos en décembre dernier, mais je reprends le cap et je vais me lancer dans l’entraînement, avec comme premier objectif: Compostelle au printemps prochain.

Qu’est-ce que cela veut dire pour Voyages et Vagabondages? Que je vais développer des catégories randonnées, slow travel et écologie (cela aurait dû être fait ce mois-ci, mais plusieurs contraintes ont repoussé l’échéance) et que je vais vous emmener avec moi dans tout mon parcours: de l’entraînement aux préparatifs en passant par les différents voyages! Promis, ça va donner. Le nomadisme, l’errance et les vagabondages vont continuer, mais beaucoup à pied!

Premières randonnées en Argentine

Il y a douze ans, alors que je lançais mon premier blog de voyage, j’étais en train de faire une transition dans mes études pour passer du journalisme à l’édition, un milieu plus atteignable pour la fille timide, sans réseau et sans le sou que j’étais. J’étais raisonnable et je me concentrais sur la praticité d’un métier. Lorsque j’ai décidé de devenir blogueuse voyage professionnelle, j’ai arrêté d’être raisonnable et je ne me suis plus jamais retournée. Aujourd’hui, je veux me laisser le temps de développer Voyages et Vagabondages et mes projets les plus fous et d’écrire mes livres. Il y a douze ans, il y a sept ans même, je n’aurais jamais imaginé cette vie. Je ne peux pas imaginer ma vie dans douze ans, je ne peux que la rêver et quelque chose me dit qu’elle sera belle, avec Voyages et Vagabondages à ses côtés, d’une manière ou d’une autre.

C’est à vous! Que pensez-vous de tout cela ou d’un point en particulier?


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